La « co­construc­tion » d’une image et d’une icône

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche -

Pour l’écri­vain Nor­man Mai­ler, toute ten­ta­tive de dé­fi­nir l’ac­trice est vouée à l’échec.

A par­tir d’une photo de Gene Kor­man de 1952, An­dy Wa­rhol la fit sé­rielle et bâ­tit sa pos­té­ri­té sur une icône dé­mul­ti­pliée à l’in­fi­ni.

Au­jourd’hui, au­de­là de cette icône qui ins­pire in­las­sa­ble­ment les ar­tistes, il reste de Ma­ri­lyn un flux d’images ins­crites dans notre ima­gi­naire col­lec­tif, bien sou­vent au dé­tri­ment de ses films et de son ta­lent d’ac­trice.

Dé­cli­née sur les sup­ports les plus di­vers, elle est ré­duite à un com­merce de cli­chés bon mar­ché, à des sté­réo­types où cha­cun pro­jette ses fan­tasmes. Ce­pen­dant, à bien re­gar­der les images de ces pho­to­graphes aux­quels Ma­ri­lyn a, à chaque fois, don­né un peu d’elle­même, elles construisent par frag­ments une femme plus réelle, plus proche, à l’ins­tar de ses car­nets in­times qui, au­de­là de la sur­face, livrent une per­son­na­li­té com­plexe.

Car Ma­ri­lyn avait fait de la pho­to­gra­phie l’ou­til d’une in­tros­pec­tion lu­cide, tout à la fois joyeuse et dou­lou­reuse, dans une conti­nuelle et exi­geante quête d’el­le­même.

Sur la re­la­tion de Mai­lyn avec ses pho­to­graphes et le contrôle qu’elle exer­çait sur leurs images, les deux com­mis­saires de l’exposition d’aix, Syl­vie Lé­cal­lier et Oli­vier Lor­quin, parlent de « co­construc­tion » de l’image de Ma­ry­lin, qui ré­vèle au­tant la maî­trise du pho­to­graphe que celle de son mo­dèle.

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