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La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche -

u Nord du so­leil, au Sud des gi­bou­lées ; rien ne va plus. La pré­sen­ta­trice mé­téo an­nonce « des pluies or­ga­ni­sées ». Il était temps qu’elles s’or­ga­nisent ! Parce qu’ici­bas, c’est le bor­del. L’ac­tua­li­té marche sur la tête. Pé­né­lope Fillon ? On lui re­proche de n’avoir rien fait. Nor­ma­le­ment c’est l’in­verse. Inu­tile d’en ra­jou­ter sur l’af­faire. Juste cette in­for­ma­tion : des po­li­ciers sont al­lés per­qui­si­tion­ner à l’as­sem­blée Na­tio­nale. Ils re­cher­chaient des fiches de paye. Ha­bi­tuel­le­ment, les per­qui­si­tions servent à dé­bus­quer de la drogue ou des armes, voire des faux pa­piers. Dé­sor­mais la po­lice est à la re­cherche de quelque chose de lé­gal. Miss France triomphe. Rien de fic­tif. Iris Mit­te­naere vient d’être cou­ron­née Miss Uni­vers. La belle a cla­mé sa joie à la face du monde. Je la cite au mot près : « Je suis vrai­ment très fière au­jourd’hui de re­pré­sen­ter la France et l’uni­vers. » L’uni­vers, pas moins. Quand on en­ver­ra un vais­seau spa­tial pour se faire connaitre hors de notre ga­laxie, elle se­ra sur le siège avant pour faire cou­cou. Gol­do­rak en bi­ki­ni. Comme tou­jours en France, cer­tains ont cri­ti­qué son élec­tion : « Miss Uni­vers c’est tru­qué : c’est tou­jours un être hu­main qui gagne ». Est-il hu­main, lui ? Aux États­unis, Do­nald Trump in­ter­dit à cer­taines na­tio­na­li­tés l’en­ trée sur le ter­ri­toire, et lance la construc­tion d’un mur à la fron­tière mexi­caine. À Pa­ris, les jour­na­listes fran­çais sont dé­bous­so­lés : un pré­sident qui ap­plique le pro­gramme pour le­quel il a été élu, ils n’ont pas connu ça de leur vi­vant ! La frac­ture so­ciale, le pré­sident du pou­voir d’achat, l’in­ver­sion de la courbe du chô­mage : tous ces slo­gans de cam­pagne n’ont te­nu que le temps d’une cam­pagne. Jé­rôme Ca­hu­zac, le mi­nistre du Bud­get qui lut­tait contre l’éva­sion fis­cale, avait un compte en Suisse ; ce­la éton­nait si peu. Rien n’est plus ro­ma­nesque qu’une tri­che­rie lé­gale. Dans « Une femme est une femme », le film de Go­dard, Jean­paul Bel­mon­do ra­con­tait la com­bine d’un type dans les an­nées 1960. On ne connais­sait pas la pi­lule, en­core moins l’écho­gra­phie. Sur les grands bou­le­vards de Pa­ris, il al­lait à la ren­contre des femmes en­ceintes. Il di­sait dé­te­nir un pou­voir, et leur pro­po­sait contre une cen­taine de francs de leur ré­vé­ler le sexe du bé­bé à ve­nir. « Et si vous vous trom­pez ? » de­man­dait la fu­ture ma­man. L’homme sou­riait : « Si je me trompe, chère Madame, je vous rem­bourse ». Une fois sur deux, il di­sait vrai. Rien n’est plus ju­ri­di­que­ment par­fait qu’une ar­naque sur fac­ture. Avec des traces écrites en Beau­coup d’ama­teurs ont pas­sé com­mande, en payant à l’avance. Jusque­là, tout va bien. L’en­tre­prise en­caisse les sommes. Mais après plu­sieurs se­maines, les ache­teurs re­çoivent une lettre qui re­grette que la com­pa­gnie se trouve dans l’im­pos­si­bi­li­té de four­nir des vi­déos aus­si sa­laces, à cause de la lé­gis­la­tion : il y a des risques de pour­suites ju­di­ciaires. Na­tu­rel­le­ment, l’en­tre­prise s’en­gage à rem­bour­ser. La preuve : elle re­tourne leur ar­gent aux ache­teurs, sous forme de chèque. Tout est par­fai­te­ment ré­glo. Même trop, là est l’as­tuce. À cause du nom de la firme, beau­coup n’ont ja­mais osé en­cais­ser le chèque. Le compte ban­caire est au nom de la « So­cié­té du Sexe Anal et du Fé­ti­chisme Per­vers ». Al­lez écrire ça sur un re­çu ! Sur­tout si vous connais­sez bien le ban­quier. En­core plus per­vers : si vous êtes mort(e) de honte à l’idée de ré­cu­pé­rer votre dû, que dire d’al­ler por­ter plainte au tri­bu­nal ? Il n’y a pas que les pluies qui sont or­ga­ni­sées.

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