Larmes de cro­co­dile

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz Ga­vin’s Cle­mente Ruiz. Il est l’au­teur de J’y suis, j’y reste, une pe­tite an­tho­lo­gie des ex­pres­sions de notre his­toire (Al­bin Mi­chel), Les coups de foudre qui ont fait l’his­toire (La li­brai­rie Vui­bert) et Le Fin Mot des ex­pres­sions

Je me suis tou­jours de­man­dé d’où ve­nait cette drôle d’ex­pres­sion. « Pleu­rer des larmes de cro­co­dile ». Car si l’on ob­serve un cro­co­dile, on ima­gine mal la bête pleur­ni­cher… Sou­vent, le sens de cette ex­pres­sion est à rap­pro­cher d’un sen­ti­ment hy­po­crite, voire mes­quin et faux. Les larmes de cro­co­dile sont fausses, par­fois même exa­gé­rées ! Les plus sen­sibles peuvent tom­ber dans le pan­neau. Et les autres… cher­cher l’ori­gine de l’ex­pres­sion.

Hap­pés tout crus

D’après dif­fé­rentes en­cy­clo­pé­dies, on use et abuse de ces mots de­puis le XVIE siècle, en re­pre­nant une légende qui était trans­mise sur les bords du Nil en Égypte. On ra­con­tait alors que les cro­co­diles pour at­ti­rer leurs proies ver­saient des larmes qui avaient le pou­voir d’émou­voir les pas­sants qui cher­chaient alors à s’ap­pro­cher des rep­tiles avant d’être hap­pés tout crus ! Ef­fi­cace… Cette lé­ gende mon­trait le cô­té re­tors de l’ani­mal. Mais une autre théo­rie m’a per­mis de ré­vi­ser mon ju­ge­ment à pro­pos du­dit rep­tile.

En ef­fet, l’ex­pli­ca­tion de cette ex­pres­sion se­rait tout à fait scien­ti­fique. Le cro­co­dile, en ou­vrant grand sa gueule, pour pro­duire de la sa­live, ac­tion­ne­rait au pas­sage des glandes la­cry­males. Il pleu­re­rait bien pour de faux, certes, mais pas de fa­çon mal in­ten­tion­née ! Il fau­drait bien le re­con­si­dé­rer et voir un être peut­être pas si désa­gréable fi­na­le­ment. Comme quoi, mé­fions­nous des ap­pa­rences !

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.