Les ri­ve­raines misent sur les croi­sières

Le tou­risme flu­vial est en plein es­sor, en par­ti­cu­lier sur l’axe Saône­rhône. Sou­cieuses d’avoir leur part du gâ­teau, les villes ri­ve­raines en­gagent des in­ves­tis­se­ments pour mieux ac­cueillir pa­que­bots et croi­sié­ristes.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche -

AMâ­con (Saône­etLoire), les tra­vaux touchent à leur fin sur le quai des Ma­rans. Le port d’amar­rage, proche du centre­ville, est dé­sor­mais pour­vu d’in­fra­struc­tures où six ba­teaux em­bar­quant jus­qu’à 150 pas­sa­gers peuvent ac­cos­ter si­mul­ta­né­ment sur les trois ap­pon­te­ments, contre quatre au­pa­ra­vant. Le ré­amé­na­ge­ment a du­ré un an pour 3,6 mil­lions d’eu­ros, fi­nan­cés par les col­lec­ti­vi­tés lo­cales, Voies na­vi­gables de France (VNF) et des fonds eu­ro­péens et na­tio­naux pour le dé­ve­lop­pe­ment des ter­ri­toires.

Bornes d’eau et d’élec­tri­ci­té, co­lonnes à dé­chets en­ter­rées, sta­tion­ne­ments de bus dé­diés pour les vi­sites gui­dées, em­bel­lis­se­ment du quai… « Tout a été conçu pour of­frir une halte agréable et com­mode aux ba­teaux­hô­tels et as­su­rer la tran­quilli­té du voi­si­nage », com­mente Marie­paule Cer­vos, ad­jointe char­gée des re­la­tions in­ter­na­tio­nales et du rayon­ne­ment tou­ris­tique de Mâ­con.

« Da­van­tage d’es­cales et plus longues »

Sur le bas­sin Rhône­saône, qui compte 28 sites es­cales entre Cha­lon­surSaône et Arles, la sai­son s’étend de mars à no­vembre. La clien­tèle, com­po­sée en ma­jo­ri­té de se­niors, et étran­gère à plus de 75 %, ap­pré­cie les croi­sières de sept jours qui des­cendent ou re­montent le fleuve et la ri­vière, son prin­ci­pal af­fluent.

Se­lon VNF, 75.000 pas­sa­gers se sont ar­rê­tés à Mâ­con en 2015 lors de 539 es­cales, contre 447 un an plus tôt. La ville, qui a in­ves­ti plus de 700.000 eu­ros dans les tra­vaux, es­père qu’ils se­ront en­core plus nom­breux les sai­sons pro­chaines. Sur­tout après une an­née 2016 dif­fi­cile en rai­son de crues ex­cep­tion­nelles et du contexte des at­ten­tats qui a en­traî­né des an­nu­la­tions.

« Nous avons eu la pro­messe de cer­tains opé­ra­teurs qu’ils fe­raient da­van­tage d’es­cales et plus longues à Mâ­con », confie Marie­paule Cer­vos. Pa­ral­lè­le­ment, l’of­fice du tou­risme se mo­bi­lise pour at­ti­rer cette clien­tèle au centre­ville en pré­pa­rant des offres adap­tées et en sen­si­bi­li­sant les com­mer­çants, ex­plique son di­rec­teur, Fré­dé­ric Cha­po­tot.

Pour VNF, le tou­risme flu­vial, « sec­teur à haut po­ten­tiel », re­pré­sente dé­jà 500 mil­lions d’eu­ros de re­tom­bées par an pour les ter­ri­toires ir­ri­gués (plai­sance, croi­sières mais hors ba­teaux pro­me­nade).

Le long de la Saône, Mâ­con n’est pas la seule à vou­loir pro­fi­ter de cette manne. Tour­nus, au sud de Cha­lon­sur­saône, halte ap­pré­ciée pour l’ab­baye Saint­phi­li­bert et le châ­teau de Cor­ma­tin, ac­ces­sible fa­ci­le­ment en car, pré­voit aus­si d’aug­men­ter ses ca­pa­ci­tés d’ac­cueil à trois pa­que­bots contre un ac­ tuel­le­ment. « On est dans une phase d’étude avec un amar­rage un peu plus en aval que l’exis­tant », in­dique Aline Mar­tin, spé­cia­liste du dé­ve­lop­pe­ment à la di­rec­tion ter­ri­to­riale Rhône­saône de VNF. C’est la com­mune qui porte le pro­jet, en col­la­bo­ra­tion avec la ré­gion et VNF pour un coût es­ti­mé à trois mil­lions d’eu­ros.

A Ville­franche­sur­saône (Rhône), deux pro­jets sont pré­vus pour le même mon­tant : l’amé­na­ge­ment d’un site d’hi­ver­nage au port de Frans et la créa­tion d’un port d’ac­cos­tage au lieu­dit La Plage. Les tra­vaux de­vraient com­men­cer fin 2018. Une concur­rence en pers­pec­tive pour ces villes re­la­ti­ve­ment proches ?

« Il est cer­tain que les nou­velles in­fra­struc­tures mâ­con­naises rendent l’es­cale plus at­trac­tive pour

les croi­sié­ristes. Ceux­ci ap­pré­cient les sites bien équi­pés, d’au­tant que Lyon est com­plè­te­ment sa­tu­ré », ex­plique Ghis­laine Lher­bier, di­rec­trice d’un Monde Bleu, agence ré­cep­tive ba­sée à Lyon qui gère toute la lo­gis­tique des croi­sières.

Se­lon elle, ces amé­na­ge­ments ar­rivent tou­te­fois un peu tard : « le mar­ché com­mence à pla­fon­ner et en 2017, cer­tains ba­teaux se re­tirent de la France du fait de l’état d’ur­gence ».

Du cô­té de VNF, on reste confiant pour le bas­sin Rhône­saône. « Vingt­deux ba­teaux vont conti­nuer à cir­cu­ler. Il y a un peu moins de ré­ser­va­tions d’amé­ri­cains mais la clien­tèle eu­ro­péenne se­ra tou­jours pré­sente », pré­dit­on.

La Mé­tro­pole de Lyon et VNF viennent d’ailleurs de ra­ti­fier une charte de par­te­na­riat vi­sant à in­ves­tir jus­qu’en 2021 plus de 5 mil­lions d’eu­ros (900.000 eu­ros par la Mé­tro­pole et 4,2 mil­lions par VNF) pour « an­crer le le tou­risme flu­vial dans l’offre tou­ris­tique mé­tro­po­li­taine. »

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