L’as­saillant va sur­vivre Au nom d’al­lah…

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde actualités -

Le mu­sée du Louvre a rou­vert ses portes hier, au len­de­main de l’at­taque à la ma­chette contre des mi­li­taires. L’agres­seur, vrai­sem­bla­ble­ment un Égyp­tien ar­ri­vé en France il y a une se­maine avec un vi­sa tou­ris­tique, a vu son état de san­té s’amé­lio­rer.

Dès 9 h 30 hier ma­tin, deux longues files d’at­tente, com­po­sées ma­jo­ri­tai­re­ment de vi­si­teurs chi­nois, étaient vi­sibles au Car­rou­sel, en sous­sol, là où l’at­taque s’est dé­rou­lée au coeur de Pa­ris, avant le pas­sage d’un por­tique de sé­cu­ri­té. « Les me­sures de sé­cu­ri­té, on est ha­bi­tués en Tur­quie », a com­men­té, « pas in­quiet », Ali Ta­li, un tou­riste turc, ac­com­pa­gné de sa femme, pré­sent ven­dre­di lors de l’at­taque.

L’en­quête cherche à dé­ter­mi­ner for­mel­le­ment l’iden­ti­té de l’as­saillant, pris en charge à l’hôpital eu­ro­péen Georges­pom­pi­dou après avoir été griè­ve­ment bles­sé au ventre par les tirs de ri­poste d’un mi­li­taire, et qui de ce fait ne peut être en­ten­du.

« Son pro­nos­tic vi­tal n’est plus en­ga­gé », a in­di­qué une source proche de l’en­quête. Les in­ves­ti­ga­ tions me­nées sur son té­lé­phone por­table, sur les fi­chiers de vi­sas eu­ro­péens et lors d’une per­qui­si­tion dans un ap­par­te­ment qu’il avait loué dans le très chic VIIIE ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris mènent à un Égyp­tien de 29 ans en­tré lé­ga­le­ment en France le 26 jan­vier par un vol en pro­ve­nance de Du­baï, a ré­vé­lé, ven­dre­di, le pro­cu­reur de Pa­ris, Fran­çois Mo­lins.

Les en­quê­teurs, qui s’in­ter­rogent sur ses mo­ti­va­tions et sur l’aide d’éven­tuels com­plices, se penchent éga­le­ment sur des tweets pos­tés en arabe sur un compte au nom de l’égyp­tien iden­ti­fié, Ab­dal­lah El Ha­mah­my. Une di­zaine de mes­sages ont été pos­tés ven­dre­di entre 9 h 27 et 9 h 34, quelques mi­nutes avant l’at­taque. On peut no­tam­ment lire : « Au nom d’al­lah […], pour nos frères en Sy­rie et les com­bat­tants » et, une mi­nute plus tard, un tweet dans le­quel il semble ap­por­ter son sou­tien au groupe dji­ha­diste État is­la­mique (EI), qui me­nace la France de re­pré­sailles pour sa par­ti­ci­pa­tion à la coalition mi­li­taire in­ter­na­tio­nale en Irak et en Sy­rie, deux pays dans les­quels il a pro­cla­mé un ca­li­fat en 2014.

Au­cune al­lé­geance à L’EI n’a tou­te­fois été re­trou­vée du­rant la per­qui­si­tion de l’ap­par­te­ment près des Champs­ely­sées, se­lon la source proche de l’en­quête. Son té­lé­phone por­table et sa ta­blette sont tou­jours en cours d’ex­ploi­ta­tion.

« La ver­sion du gou­ver­ne­ment fran­çais n’est pas lo­gique. Il fait 1,65 m et il a at­ta­qué quatre gardes ? », s’est éton­né le père de l’as­saillant pré­su­mé, Re­da El­ha­mah­my, un gé­né­ral de po­lice à la re­traite qui vit en Égypte et n’a plus eu de nou­velles de son fils de­puis ven­dre­di.

Se­lon lui, son fils, qui tra­vaille comme di­rec­teur com­mer­cial à Char­jah, aux Émi­rats arabes unis, « s’était ren­du en voyage d’af­faires » à Pa­ris, sé­jour à la fin du­quel « il est par­ti vi­si­ter le mu­sée ». « Il était cen­sé re­par­tir sa­me­di ».

Ab­dal­lah El­ha­mah­my est ma­rié et son épouse, en­ceinte, se trouve en Ara­bie saou­dite avec leur fils, se­lon son père. Ar­ri­vé le 26 jan­vier en France, il a loué une voi­ture le len­de­main puis a ache­té le 28 jan­vier deux ma­chettes de 40 cen­ti­mètres cha­cune dans une ar­mu­re­rie.

FILES D’AT­TENTE. Af­fluence ha­bi­tuelle dès la ré­ou­ver­ture. AFP

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