Mo­ment de vé­ri­té

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 jours en po­li­tique - Claude Lesme

Em­pê­tré dans l’af­faire des pré­su­més em­plois fic­tifs de sa fa­mille, faute de convaincre sur le fond par des ré­ponses cré­dibles, Fran­çois Fillon a dé­ci­dé de pas­ser à la contre­of­fen­sive sur le plan po­li­tique en se vic­ti­mi­sant à ou­trance. Comme lors de la pri­maire, il en ap­pelle au peuple de droite en plein désar­roi, par la vi­déo en se dé­cla­rant « in­ébran­lable » et par tract pour mo­bi­li­ser ses sou­tiens sur le ter­rain en dé­non­çant une « chasse à l’homme ».

Faute de plan B évident et idéal, en l’ab­sence d’une alternative cré­dible qui fe­rait l’una­ni­mi­té – car il fau­drait trou­ver un can­di­dat qui en­dosse le pro­gramme « ra­di­cal » de droite de l’an­cien Pre­mier mi­nistre, lar­ge­ment ap­prou­vé par les élec­teurs de la pri­maire –, Fran­ çois Fillon a l’or­gueil suf­fi­sant pour es­pé­rer en­core ren­ver­ser la si­tua­tion et re­de­ve­nir au­dible jour après jour, en in­ten­si­fiant sa cam­pagne dans les ter­ri­toires.

Mais, dès mar­di, tout cet édi­fice pour­rait s’ef­fon­drer lors de sa réu­nion avec le groupe par­le­men­taire Les Ré­pu­bli­cains. De re­tour de leur cir­cons­crip­tion, les dé­pu­tés, se­coués comme des pru­niers par des élec­teurs en co­lère, et crain­tifs pour leur ré­élec­tion, pour­raient être ten­tés de « dé­bran­cher » le can­di­dat.

Rude épreuve pour ce­lui qui avait fait du cou­rage et de la vé­ri­té son cre­do. D’au­tant que les Fran­çais, crise oblige, ne to­lèrent plus le manque de trans­pa­rence des po­li­tiques et qu’il règne dans l’opi­nion des en­vies d’abo­li­tion des pri­vi­lèges. Une sorte de Nuit du 4 août 1789 lar­vée.

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