La ré­vo­lu­tion fran­çaise at­ten­dra en­core

Les Bleus prennent quand même le point de bo­nus dé­fen­sif

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports rugby -

Le XV de France a confir­mé ses pro­grès en in­quié­tant l’an­gle­terre dans son temple de Twi­cken­ham. Mais trop de fautes ont étouf­fé le rêve tri­co­lore…

Sir Clive Wood­ward a dû être content au coup de sif­flet fi­nal. Ce­lui qui res­te­ra pour l’éter­ni­té ou­treManche le sé­lec­tion­neur adu­lé ayant ra­me­né la pre­mière Coupe du monde dans le pays qui a in­ven­té le rug­by (en 2003) avait eu ces mots pré­mo­ni­toires avant le Crunch : « Le rug­by mon­dial a be­soin d’une France forte et qui joue, mais j’es­père que l’an­gle­terre ga­gne­ra quand même ».

Dans le mille et well done Cli­ ve ! Oui, les Bleus ont en­core his­sé leur ni­veau de jeu. Place forte du rug­by mon­dial ? Sans doute pas pour l’heure, mais le che­min est tra­cé. Quant aux hommes d’ed­die Jones, ils sont plus que ja­mais en course pour battre l’in­croyable re­cord de 18 vic­toires d’af­fi­lée que dé­tiennent les All Blacks. Pour ce­la, il leur fau­dra réus­sir le Grand Che­lem… Comme l’an pas­sé.

La co­lère ren­trée de No­vès

Pas sûr que ce­la suf­fise à ré­con­for­ter Guy No­vès. Quand Sli­ma­ni a ins­crit l’es­sai de l’es­poir, on vit pour­tant le pla­cide Tou­lou­sain exul­ter comme ra­re­ment. Poings ser­rés, bras le­vés, mâ­choire acé­rée. Comme une rage de vic­toire trop long­temps in­as­sou­vie et qui, d’un coup, dé­bor­dait comme un gey­ser chez ce­lui qui a tant et tant ga­gné avec Tou­louse.

À 12­16, bien sûr qu’il pen­sait en­fin le te­nir ce suc­cès de ré­fé­ rence même si les points lais­sés en route en pre­mière pé­riode avaient de quoi in­quié­ter… Il était bien à por­tée de main ce fi­chu match éta­lon qui fait en­core dé­faut à ce XV de France new­look après des re­vers à deux et cinq points contre l’aus­tra­lie et la Nou­velle­zé­lande. Et là, voi­là que c’est l’an­gle­terre ­ 15 vic­toires à la suite avec cel­le­ci ­ qui a dû cra­va­cher pour re­pous­ser les Sped­ding, Se­rin et autre Pi­ca­moles.

Alors oui, No­vès en avait gros sur la pa­tate dans les cou­loirs de Twi­cken­ham. « Le bo­nus n’est ni une conso­la­tion, ni un baume apai­sant ». Dès au­jourd’hui, le sé­lec­tion­neur pour­ra poin­ter à presque toutes ses ouailles les pe­tites fautes bêtes qui ont lit­té­ra­le­ment pour­ri ce qui au­rait pu être la marche triom­phale de son équipe sur le Temple du rug­by.

Pour gran­dir en­fin, il fau­dra aus­si mar­quer, être cli­nique et ne pas at­tendre la cin­quième oc­ca­sion d’es­sai pour en­fin fran­chir la ligne. Au ni­veau in­ter­na­tio­nal, c’est mor­ti­fère. Le coeur ne suf­fi­ra ja­mais. No­vès le sait mieux que qui­conque, lui qui fi­nit par lâ­cher le fond de sa pen­sée : « Quand on passe de­vant à dix mi­nutes de la fin, on ne doit pas le perdre ce match ! ». La ri­gueur, la lu­ci­di­té ont man­qué et les An­glais, par la force de leur banc, ont fi­ni par l’em­por­ter. Lo­gi­que­ment. La ré­vo­lu­tion fran­çaise at­ten­dra donc en­core. La pro­cla­mer au pays de Nel­son, ce­la au­rait pour­tant été ad­mi­rable.

RAGEANT. Les An­glais peuvent exul­ter et Loann Gou­jon en­cais­ser le coup. Les Fran­çais ont fait trop de fautes, hier, pour l’em­por­ter sur la pe­louse de Twi­cken­ham.

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