Amé­dée, vie quo­ti­dienne des po­taches

A la re­dé­cou­verte des éta­blis­se­ments cler­mon­tois d’en­sei­gne­ment à tra­vers vos té­moi­gnages

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Clermont vivre sa ville - Pierre-ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr Di­manche pro­chain. Der­nière chro­nique consa­crée à Amé­dée-gas­quet avec une suite de té­moi­gnages d’élèves, mais aus­si d’en­sei­gnants et même d’un an­cien in­ten­dant.

Vous avez été nom­breux à nous écrire pour té­moi­gner de votre pas­sage dans les classes du ly­cée Amé­dée-gas­quet, une ins­ti­tu­tion cler­mon­toise.

Par­mi vos nom­breux té­moi­gnages de ces an­nées pas­sées à étu­dier à Amé­dée­gas­quet, ce­lui de Bernard. Ses sou­ve­nirs sont pré­cis : « Elève à “Amé­dée” de 1961 à 1968, j’ai connu tous les an­ciens bâ­ti­ments au­jourd’hui dis­pa­rus : la cha­pelle, les pré­fa­bri­qués tous vé­tustes. Dans la cha­pelle, qui ser­vait d’en­tre­pôt au ma­té­riel (tables, chaises…), nous avions quelques cours de gym au sous­sol où des barres pa­ral­lèles étaient ins­tal­lées. Le lieu était triste, pas chauf­fé. Ce qui ne nous mo­ti­vait pas beau­coup !

» Nous avions aus­si cours dans les an­nexes des bâ­ti­ments de l’an­cienne École nor­male. Son gym­nase était en pi­teux état… Mais c’était le seul lieu cou­vert pour les jours de pluie !

» Du quar­tier dit “vil­lage nègre”, pro­ba­ble­ment à cause du manque de lu­mière qui y ré­gnait, j’ai sur­tout le sou­ve­nir de salles où le par­quet était ef­fon­dré en de nom­breux en­droits, où l’éclai­rage ne fonc­tion­nait pas à tous les étages. Mais nous sui­vions nos cours de des­sin ou de mu­sique dans la bonne hu­meur !

La « re­vue des che­veux » ou « la marche au pas »

» Au­tant dire que ces condi­tions que nous ac­cep­tions semblent au­jourd’hui in­ima­gi­nables et pour­tant ce n’était pas au XIXE siècle mais bien dans les an­nées 60 du XXE siècle ! Je garde un sou­ve­nir im­pé­ris­sable de ces mer­veilleuses an­nées sco­laires où nous avions sou­vent froid dans les ba­raques en pré­fa­bri­qué qui ser­vaient de classe.

» Un temps où, en rang dans la cour, le sur­veillant gé­né­ral et son ad­joint nous pas­saient la “re­vue de che­veux” où les séances de gym com­men­çaient (sui­vant le prof ) par un 1/4 d’heure de “marche au pas”… Pro­ba­ble­ment pour nous pré­pa­rer à notre fu­tur ser­vice mi­li­taire.

» Au terme de nos études, nous ob­te­nions notre Bre­vet de tech­ni­cien, ce qui nous per­met­tait d’en­trer dans la vie ac­tive di­rec­te­ment en sor­tant de l’école, tel­le­ment notre for­ma­tion était de grande qua­li­té. Nous avions alors le luxe de choi­sir notre fu­tur pa­tron ! Moi je suis par­ti tra­vailler avec mon BT à l’été 1968 ! Après beau­coup de choses ont du chan­ger ». Pour sa part, Ch­ris­tian nous écrit : « En­tré en 1969 en se­conde tech­nique, chez les “bou­lons”, j’ai fait connais­sance avec la sec­tion hô­te­lière qui avait chez nous la mau­vaise ré­pu­ta­tion de “gosses de riches” et vio­lents, car sa­chant ma­nier les cou­teaux, pro­fes­sion oblige !

Un com­bat de cocottes en pa­pier

» Une si­tua­tion co­mique m’est res­tée gra­vée dans la mé­moire. Elle s’est dé­rou­lée à la son­ne­rie de la cloche pour la re­prise des cours un après­mi­di. Le cen­seur de l’époque se dé­pla­çait en per­ma­nence avec son chien, un ber­ger al­le­mand. Ce jour­là, per­sonne ne s’est mis en rang, mais un grand cercle de 500 élèves ser­rés s’est for­mé au mi­lieu de la cour. Ils ges­ti­cu­laient, hur­laient : “Tue­le ! À mort ! À sang ! Achève­le !”, etc. Aus­si­tôt le cen­seur en fu­rie, avec son chien, fend la foule et ar­rive au centre du cercle pour trou­ver sur le gou­dron deux pe­tites cocottes en pa­pier bec à bec !!!! (rires de l’as­sis­tance). Le ri­di­cule de la si­tua­tion lui mon­ta au cer­veau et il nous in­sul­ta co­pieu­se­ment. Mais il lui était dif­fi­cile de nous in­fli­ger une pu­ni­tion col­lec­tive.

» A cette époque aus­si, le proviseur était un pas­sion­né de sports. Il avait fa­ci­li­té le re­cru­te­ment d’un bas­ket­teur qui jouait au Stade cler­mon­tois. Sa taille, plus de deux mètres, avait né­ces­si­té de sou­der une ral­longe sur le lit car les mo­dèles stan­dards étaient trop courts ! ».

EX­PLI­CITE. Avant 1992… La cour ar­rière du ly­cée, cô­té rue A.-me­nat. La cha­pelle à gauche a dis­pa­ru… PHOTO MON­TAGE PGG

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