Fu­sain et pas­tel sus­pendent le temps

Des­sins de presse, cou­ver­tures de ro­mans, af­fiches de films, de fes­ti­vals… De­puis 1985, les fu­sains et pas­tels de Miles Hy­man ont im­pri­mé la ré­tine de mil­lions de per­sonnes. En­fin une ré­tros­pec­tive, à Mou­lins.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Sté­pha­nie Mé­na ste­pha­nie.me­na@cen­tre­france.com Pra­tique. Le Mu­sée de l’illus­tra­tion jeu­nesse, 26, rue Vol­taire 03000 Mou­lins. Tél. : 04.70.35.72.58. Miles Hy­man, le temps sus­pen­du, ex­po­si­tion jus­qu’au 18 juin 2017. Plein ta­rif : 5€ ; ta­rif ré­duit : 3€. H

Le Mu­sée de l’illus­tra­tion jeu­nesse, ba­sé à Mou­lins, dans l’al­lier, ac­cueille le plus fran­çais des des­si­na­teurs amé­ri­cains, Miles Hy­man. Son nom vous est peut­être in­con­nu mais son coup de crayon cer­tai­ne­ment pas.

Les Cler­mon­tois le connaissent tous, il a illus­tré l’af­fiche du fes­ti­val du court­mé­trage 2002, où l’on voit une femme de dos face à la mer et te­nant un pa­ra­pluie zé­bré.

« J’aime in­vi­ter à la lec­ture en pré­ser­vant une part du mystère dans le des­sin »

Son ac­tua­li­té est riche avec la sor­tie de bandes des­si­nées chez Cas­ter­man, adap­ta­tions de deux chefs d’oeuvre de la littérature amé­ri­caine (*) : Le Dah­lia noir de James Ell­roy et La Lo­te­rie de Shir­ley Jack­son, « une nou­velle équi­va­lente au Hor­la de Mau­pas­sant pour les Amé­ri­cains qui res­tait in­con­nue en France », ex­plique Miles Hy­man qui a pris à coeur cette adap­ta­tion car Shir­ley Jack­son est sa… grand­mère !

Le Mu­sée de l’illus­tra­tion jeu­nesse ex­pose deux cents des­sins ori­gi­naux de Miles Hy­man qui a dé­bu­té sa car­rière en 1985 en il­lus­trant de nom­breux ou­vrages et cou­ver­tures des deux cô­tés de l’at­lan­tique, pour les mai­sons d’édi­tion De­noël, Gal­li­mard, Actes Sud, Le Seuil, Si­mon & Schus­ter, Far­rar, Straus et Gi­roux, Ch­ro­nicle Books…

Spé­cia­liste du noir et blanc, il opte pour des cou­leurs chaudes quand il co­lo­rise ses des­sins.

Pri­vi­lé­giant le fu­sain et le pas­tel, le trait du des­si­na­teur est re­con­nais­sable entre mille : il choi­sit des ca­drages très ci­né­ma­to­gra­phiques, tels que les contre­plon­gées, les al­lu­sions au hors­champ, etc. « J’aime in­vi­ter à la lec­ture en pré­ser­vant une part du mystère dans le des­sin », in­siste Miles Hy­man.

Dans ses por­traits, le cadre met en va­leur le dé­cor, et donc l’en­vi­ron­ne­ment du per­son­nage. « Mes por­traits pré­fé­rés sont ceux dans le­quel le su­jet ha­bite un uni­vers qui re­flète l’es­sen­tiel de sa vie et ses pré­oc­cu­pa­tions, ce qu’il a vé­cu. » Cette ca­pa­ci­té à ra­con­ter, à évo­quer des su­jets dé­li­cats, a trou­vé un ter­rain d’ex­pres­sion idéale dans la presse. Li­bé­ra­tion l’a bien com­pris et plu­sieurs planches ori­gi­nales com­man­dées par le quo­ti­dien fi­gure dans l’ex­po­si­tion, qu’il s’agisse de l’eu­tha­na­sie, de l’iden­ti­té na­tio­nale, des contrôles d’iden­ti­té…

Bien sûr, Miles Hy­man a tra­vaillé pour la littérature jeu­nesse, si­non il n’au­rait pas sa place dans le mu­sée mou­li­nois. Ain­si, une salle est dé­diée à ses des­sins du Pe­tit Pou­cet (Gal­li­mard), au Sphinx des glaces de Jules Verne (Actes sud ju­nior), à l’his­toire de

la mouette et du chat qui lui ap­prit à vo­ler de Luis Se­pul­ve­da (Seuil­mé­tai­lé).

Dans toutes les salles de l’ex­po­si­tion, les livres correspondants sont consul­tables sur place. Un par­cours pé­da­go­gique est pré­vu à par­tir de 7 ans. En­fin, pré­ci­sons que le Mu­sée de l’illus­tra­tion jeu­nesse mo­di­fie­ra la moi­tié des oeuvres ex­po­sées, à la mi­mai.

TRAIT. Dans ses des­sins, au fu­sain et au pas­tel, Miles Hy­man choi­sit des ca­drages ci­né­ma­to­gra­phiques. PHO­TOS FRAN­ÇOIS-XAVIER GUTTON

FU­SAIN. La peur : le des­si­na­teur amé­ri­cain a com­men­cé sa car­rière en il­lus­trant des ro­mans.

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