C’est vrai­ment le mo­ment de ga­gner

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports rugby - Ch­ris­tophe Bu­ron

Au-de­là d’un bi­lan pour l’heure lar­ge­ment né­ga­tif (4 vic­toires en 11 matchs), le XV de France ver­sion No­vès n’au­ra pro­ba­ble­ment plus droit à l’in­dul­gence dont elle bé­né­fi­cie, si elle ne bat pas au­jourd’hui (16 heures) le XV au Char­don.

«Yen a marre, quoi ! ». La ré­ac­tion à chaud de Camille Lo­pez, sa­me­di der­nier après l’échec ra­geant (19­16) à Twi­cken­ham, ré­sume à elle seule le sen­ti­ment gé­né­ral qui se dé­gage dé­sor­mais à la lec­ture des per­for­mances du XV de France. Ce cri du coeur de l’ou­vreur cler­mon­tois plante éga­le­ment le dé­cor de ce France ­ Écosse que les hommes de Guy No­vès abordent le dos au mur. Car pour faire court, une dé­faite au­jourd’hui à Saint­de­nis face aux joueurs de Vern Cot­ter son­ne­rait la fin de la pé­riode de clé­mence qui ac­com­pagne les Bleus de­puis la prise en main de l’an­cien pa­tron du Stade Tou­lou­sain.

Sous la me­nace d’un ti­rage au sort dé­fa­vo­rable pour le Mon­dial 2019

Après les pen­sums ré­cur­rents de l’ère Saint­an­dré, l’équipe de France s’est li­bé­rée de ses chaînes de­puis un an, pour of­frir un rug­by at­trayant et ga­gner les coeurs… mais il lui faut main­te­nant ga­gner des matchs, tout sim­ple­ment. Car pour l’heure, le bi­lan de No­vès n’est guère re­lui­sant avec seule­ment quatre vic­toires (Ita­lie, Ir­lande, Ar­gen­tine, Sa­moa) et sept dé­faites, presque toutes aus­si dé­so­lantes les unes que les autres.

Un suc­cès cet après­mi­di est d’au­tant plus ca­pi­tal que le clas­se­ment mon­dial de­vient pré­gnant à trois mois du ti­rage au sort de la Coupe du monde 2019 qui se dé­rou­le­ra au Ja­pon. La France, 8e, qui re­çoit l’écosse, 7e, vit en ef­fet avec la me­nace de glis­ser dans le troi­sième cha­peau (à par­tir de la 9e place) et la pers­pec­tive d’être ver­sé dans une « poule de la mort » dans deux ans et de­mi au pays du so­leil le­vant.

Voi­là pour les consé­quences éven­tuelles à moyen et long terme d’un re­vers qui fe­rait tache face à des Écos­sais dont il va fal­loir se mé­fier. Il en va aus­si de l’en­tente, pour l’heure cor­diale, entre le sé­lec­tion­neur et son pré­sident (Bernard La­porte), le­quel a fixé mine de rien un ca­hier des charges pré­cis : « Ne pas prendre cher en An­gle­terre et en Ir­lande et ne pas perdre au Stade de France. »

Tout ça pour dire qu’une vic­toire sur l’écosse est une né­ces­si­té à plus d’un titre. Car il est temps éga­le­ment de pas­ser la vi­tesse su­pé­rieure pour va­li­der les pro­grès en­tre­vus dans le jeu de­puis main­te­nant un an.

L’opé­ra­tion sé­duc­tion réus­sie et ter­mi­née, il faut donc voir plus loin et plus haut et en­gran­ger des vic­toires. No­vès et son staff ont re­con­duit l’équipe qui s’est in­cli­née en An­gle­terre, à l’ex­cep­tion de Chou­ly, qui cède sa place à Gou­jon au nom d’une op­tion tac­tique plus axée sur la puis­sance. Un choix qui pour­rait nuire au ren­de­ment de l’ali­gne­ment tri­co­lore, mais un choix qu’as­sume com­plè­te­ment le sé­lec­tion­neur.

Mais au­de­là de la touche, c’est dans la to­ta­li­té des sec­teurs du jeu que ce XV de France doit main­te­nant éle­ver le cur­seur. Pour l’em­por­ter et évi­ter, au car­re­four de ses am­bi­tions, d’em­prun­ter un che­min de croix.

PRES­SION. Pour Bap­tiste Se­rin (ici sous le re­gard de Scott Sped­ding) et les Tri­co­lores, il s’agi­ra de prendre le jeu à leur compte et se mon­trer beau­coup plus réa­listes et pré­cis près de la ligne écos­saise que sa­me­di der­nier à Twi­cken­ham.

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