« Vern Cot­ter, c’est la ri­gueur in­car­née »

Au­ré­lien Rou­ge­rie trace le por­trait de son an­cien coach

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports rugby - Ch­ris­tophe Bu­ron

Avant de re­mettre le XV du Char­don sur le droit che­min, Vern Cot­ter a su faire de L’ASM une des places fortes du rug­by eu­ro­péen. L’icône cler­mon­toise Au­ré­lien Rou­ge­rie n’a pas ou­blié l’im­pact du Néo-zé­lan­dais.

En un peu plus de deux ans, Vern Cot­ter a trans­for­mé l’équipe d’écosse dont il est le sé­lec­tion­neur de­puis 2014. En dé­pit d’une cuillère de bois lors de son pre­mier Tournoi (2015), son ra­tio de vic­toires est au­jourd’hui po­si­tif : 17 suc­cès et 15 dé­faites.

Cet après­mi­di, Cot­ter di­ri­ge­ra une der­nière fois le quinze du Char­don face aux Bleus de France, qu’il n’a bat­tu qu’une fois en trois confron­ta­tions. Qui mieux que Rou­ge­rie, qui fut son ca­pi­taine pen­dant huit ans à Cler­mont (2006­2014), pou­vait tra­cer le por­trait du fu­tur en­traî­neur de Mont­pel­lier ?

La pre­mière ren­contre. C’est en juin 2006 que dé­barque Vern Cot­ter en Au­vergne, dans un club qui vient de ter­mi­ner la sai­son à la 8e place du Top 14. « Même si j’at­ten­dais de voir ce qu’il al­lait nous ap­por­ter, à cette époque je me di­sais que ce ne pou­vait être que mieux… On comp­tait beau­coup sur Cot­ter car on tra­ver­sait une mau­vaise passe. Quand on s’est croi­sé la pre­mière fois, il m’a ser­ré la main, re­gar­dé droit dans les yeux et m’a dit “sa­lut cap­tain”. D’en­trée, il me confor­tait dans le rôle que j’al­lais avoir ».

Un Cot­ter à deux fa­cettes. « Vern l’en­traî­neur, c’est la ri­gueur in­car­née. Il nous a ame­né jus­te­ment tout ce dont L’ASM avait be­soin à cette époque. Il était ri­gou­reux avec nous, sur et en de­hors du ter­rain. Quant à l’homme, sa ca­ rac­té­ris­tique est d’être un bon vi­vant. Il aime les bonnes choses. C’est un Épi­cu­rien qui ap­pré­cie le bon vin. »

Der­rière le masque… «Je re­tien­drais de l’homme sa pas­sion pour le rug­by. C’est tou­jours agréable d’être en­traî­né par ce type de pas­sion­né, ri­gou­reux certes, mais ca­pable d’avoir des émo­tions. Je l’ai vu ver­ser sa larme, un cer­tain 29 mai 2010… (jour du titre de cham­pion de France de L’ASM). »

Sa marque de fa­brique. « Rug­bys­ti­que­ment, c’est un en­traî­neur qui sait et qui aime jouer avec les atouts de son ef­fec­tif. Il est tour­né vers un rug­by to­tal, avec beau­coup de mou­ve­ments. Tac­ti­que­ment, il aime les gros por­teurs de balles dans le pack. Quand je vois au­jourd’hui jouer l’écosse, il y a des si­mi­li­tudes avec ce que l’on fai­sait à Cler­mont avec lui. Il y a des com­bi­nai­sons qui me parlent… »

Zac Guild­ford dans le vi­seur. Rares sont les joueurs à avoir contes­té l’au­to­ri­té de Vern Cot­ter. Y en a qui ont es­sayé… « En règle gé­né­rale, se sou­vient Rou­ge­rie, quand il pous­sait un coup de gueule à la mi­temps d’un match ou après, per­sonne ne bron­chait. Il va­lait mieux fi­ler droit si­non ça bar­dait en­core plus fort. Vern, tu n’avais pas vrai­ment en­vie de le cham­brer. Un ou deux ont dé­pas­sé les li­mites, il y a eu, der­rière, le re­tour de bâ­ton. Je me sou­viens d’un jour où Zac Guild­ford ne sem­blait pas d’ac­cord… il s’est fait sé­rieu­se­ment re­prendre de vo­lée… (rires) »

Le Mes­sie à Mont­pel­lier ? Après ce Tournoi, Vern Cot­ter quit­te­ra l’écosse et pren­dra en mains, la sai­son pro­chaine le club de Mont­pel­lier. « Pour fran­chir en­core un cap, ce club a sans doute trou­vé l’en­traî­neur qui lui fal­lait. Si Vern peut ma­noeu­vrer et di­ri­ger comme il le veut, Mont­pel­lier va de­ve­nir un ad­ver­saire en­core plus re­dou­table. »

« Vern est ca­pable d’être dans l’émo­tion »

DUO. Quand Vern Cot­ter par­lait, Au­ré­lien Rou­ge­rie écou­tait… PHOTO FRANCK BOILEAU

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