Être la co­que­luche de quel­qu’un

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Vous tous­sez un peu ? Bon, j’es­père qu’il ne s’agit que d’une mau­vaise toux qui pas­se­ra comme les autres, car s’il s’agit de la co­que­luche, pre­nez vite vos pré­cau­tions. Certes, on en­tend moins par­ler de cette ma­la­die mais elle per­siste. Il s’agit d’une ma­la­die qui touche les voies res­pi­ra­toires due à une bac­té­rie ap­pe­lée Bor­de­tel­la per­tus­sis. Jo­li, non ? Reste que cette af­fec­tion reste très conta­gieuse et pour le moins dan­ge­reuse chez les nour­ris­sons et les per­sonnes plus fra­giles phy­si­que­ment. À ne pas prendre à la lé­gère donc.

En en­ten­dant le nom de cette ma­la­die, j’en suis ve­nu à me de­man­der quel était le rap­port avec cette drôle d’ex­pres­sion : « être la co­que­luche de quel­qu’un », au sens d’être l’idole de mil­liers de fans com­plè­te­ment hys­té­riques prêts à bra­ver la foule pour vous tou­cher le bras ou juste vous aper­ce­voir. Avouez que le rap­pro­che­ment n’est pas évident ! Eh bien pour­tant il y en a un ! Si, si… Il faut re­mon­ter aux temps mé­dié­vaux où il fal­lait se pro­té­ger de la ma­la­die à l’aide d’un co­que­lu­chon, une es­pèce de ca­puche qui gar­dait la tête bien au chaud et qui sur­tout évi­tait de ré­pandre les mi­crobes tout au­tour de soi.

Pa­ral­lè­le­ment exis­tait une ex­pres­sion « être coif­fé de quel­qu’un » pour dire qu’on était amou­reux. Le rap­pro­che­ment entre les deux ex­pres­sions se fe­ra avec le temps et l’usage. On trouve ce même rap­pro­che­ment avec les bé­guines, soeurs belges des bé­gui­nages, qui por­taient une coiffe par­ti­cu­lière. On di­ra « avoir le bé­guin » en ré­fé­rence à ces coiffes par­ti­cu­lières qui aveuglent… Et comme on le sait, l’amour rend aveugle ! À moins que ce ne soit la co­que­luche…

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