Les fan­tômes de la co­lo­ni­sa­tion

Em­ma­nuel Ma­cron tente de ré­ta­blir la si­tua­tion après ses pro­pos contro­ver­sés en Al­gé­rie

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde actualités -

Em­ma­nuel Ma­cron, pour­sui­vi par la po­lé­mique sur ses pro­pos sur la co­lo­ni­sa­tion, a à nou­veau es­sayé de dé­mi­ner la po­lé­mique, hier, lors d’un mee­ting à Tou­lon.

«Je vous ai com­pris », à la fa­çon du gé­né­ral de Gaulle : Em­ma­nuel Ma­cron a es­sayé, hier, de clore la po­lé­mique sur ses pro­pos sur la co­lo­ni­sa­tion et l’al­gé­rie, lors d’un mee­ting per­tur­bé par une ma­ni­fes­ta­tion de pieds­noirs re­layée par le Front na­tio­nal.

Ha­bi­tué à des salles pleines à cra­quer, le can­di­dat d’en Marche ! a me­né son ras­sem­ble­ment au Zé­nith de Tou­lon (Var) de­vant en­vi­ron 1.200 per­sonnes – là où les or­ga­ni­sa­teurs en es­pé­raient 2.000 – et dans une am­biance net­te­ment moins en­flam­mée que d’ha­bi­tude. À la tri­bune, le can­di­dat a ac­cu­sé « le par­ti Front na­tio­nal » d’avoir « em­pê­ché des cen­taines » de per­sonnes d’ac­cé­der au mee­ting, du fait de la ma­ni­fes­ta­tion hou­leuse qui a contraint la po­lice à fer­mer une grille d’ac­cès, à une cen­taine de mètres de la salle tou­lon­naise.

Aux cris de « Ma­cron tra­hi­son ! » et sous des dra­peaux fran­çais flo­qués de pieds noirs, en­vi­ron 150 per­sonnes se sont ras­sem­blées de­vant cette grille, pour pro­tes­ter contre les pro­pos d’em­ma­nuel Ma­cron qua­li­fiant la co­lo­ni­sa­tion de « crime contre l’hu­ma­ni­té ».

À la fin de son dis­cours, au terme d’une longue ti­rade de jus­ti­fi­ca­tion où il a été plu­sieurs fois ac­cla­mé, Em­ma­nuel Ma­cron a pa­ra­phra­sé le gé­né­ral de Gaulle à Al­ger en 1958 pour s’adres­ser aux pieds­noirs et aux an­ciens com­bat­tants. « Je le dis au­jourd’hui, à cha­cun et cha­cune dans vos condi­tions, dans vos his­toires, dans vos trau­ma­tismes, parce que je veux être pré­sident, je vous ai com­pris et je vous aime », a­t­il dit.

Em­ma­nuel Ma­cron a de nou­veau re­fu­sé de « re­ve­nir » sur ses pro­pos ou de s’« ex­cu­ser », mais il s’est dit « dé­so­lé » d’avoir « bles­sé » cer­tains. Et au lieu de « crime contre l’hu­ma­ni­té », il a cette fois par­lé de « crime contre l’hu­main ». « On doit le re­gar­der en face ce pas­sé co­lo­nial, et oui c’est un pas­sé dans le­quel il y a des crimes contre l’hu­main », a­t­il af­fir­mé.

Se­lon un son­dage Ifop pu­blié hier, les Fran­çais sont très par­ta­gés sur sa dé­cla­ra­tion sur la co­lo­ni­sa­tion « crime contre l’hu­ma­ni­té » : 51 % l’ap­prouvent et 49 % ne sont pas d’ac­cord.

« Grand écart in­te­nable »

Ac­cu­sé par ses ad­ver­saires d’avoir un pro­gramme flou et de pra­ti­quer un « grand écart » in­te­nable entre la gauche et la droite, le can­di­dat a éga­le­ment dé­fen­du sa mé­thode du « et de droite et de gauche ». Cette se­maine, son ri­val so­cia­liste, Be­noît Ha­mon, l’a ain­si ac­cu­sé de « cou­rir plu­sieurs lièvres élec­to­raux ». « Oui, la vie po­li­tique, elle change, ces pe­tits cli­vages aux­quels on vous a ha­bi­tués ont chan­gé », a lan­cé l’an­cien mi­nistre de l’éco­no­mie, ap­pe­lant à en fi­nir avec le « ré­flexe » qui « consiste à re­mettre dans les cases qu’on a tou­jours connues ». « Il y en a qui di­ront “c’est flou” d’autres “y’a un loup” mais ils s’ha­bi­tue­ront, car nous al­lons conti­nuer », a­t­il mar­te­lé.

Pas­sé de­vant Fran­çois Fillon dans les son­dages, l’an­cien mi­nistre bé­né­fi­cie tou­te­fois d’un sou­tien vo­la­til : se­lon un son­dage Ip­sos pu­blié jeu­di, seule­ment un tiers de ceux di­sant vou­loir vo­ter pour lui sont cer­tains de glis­ser un bul­le­tin Ma­cron dans l’urne le 23 avril.

Les Fran­çais sont très par­ta­gés sur sa dé­cla­ra­tion sur la co­lo­ni­sa­tion « crime contre l’hu­ma­ni­té »

MEE­TING À TOU­LON. Moins d’af­fluence pour Em­ma­nuel Ma­cron. PHO­TO AFP

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