Pre­mier tête­à­tête avec un chef d’etat pour Le Pen

La can­di­date d’ex­trême droite à la pré­si­den­tielle est en dé­pla­ce­ment au Li­ban

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde actualités -

En quête de cré­di­bi­li­té in­ter­na­tio­nale, Ma­rine Le Pen va, pour la pre­mière fois, de­main, à Beyrouth, ren­con­trer un chef d’etat étran­ger en exer­cice, le pré­sident li­ba­nais Mi­chel Aoun.

Pour la pré­si­dente du FN, cette pre­mière vise à ren­for­cer sa sta­ture in­ter­na­tio­nale, se­lon son en­tou­rage : elle n’a, of­fi­ciel­le­ment, ja­mais ren­con­tré de chef d’état étran­ger en exer­cice. De même source, on jure tou­te­fois que « ce n’est pas la pre­mière fois » qu’elle voit un di­ri­geant étran­ger : « Les vi­sites sont pu­bliques ou elles ne le sont pas », lâche­t­on…

Au me­nu : le mi­nistre des Af­faires étran­gères, Gi­bran Bas­sil, des par­le­men­taires francophones et un tour dans Beyrouth. Mar­di, elle ver­ra le mouf­ti de Beyrouth, le pa­triarche ma­ro­nite et Sa­mir Gea­gea, chef ch­ré­tien ma­ro­nite des Forces li­ba­naises (droite chré­tienne). Avec cette vi­site, Ma­rine Le Pen veut aus­si faire un geste en­vers les ch­ré­tiens d’orient, se­lon plu­sieurs sources fron­tistes.

Ces ren­contres au som­met à Beyrouth masquent sa fai­blesse au plan in­ter­na­tio­nal : de­puis son ar­ri­vée à la tête du Front na­tio­nal, en 2011, Le Pen n’a ren­con­tré que très peu de res­pon­sables étran­gers en exer­cice.

Sno­bée par An­ge­la Mer­kel

A son ac­tif, fin mai 2015, une ren­contre en Égypte avec le Pre­mier mi­nistre, le Grand Imam d’al­az­har, l’une des plus pres­ti­gieuses ins­ti­tu­tions de l’is­lam sun­nite ba­sée en Égypte, ain­si que le pape copte Ta­wa­dros II. Mi­jan­vier, le chef de la di­plo­ma­tie po­lo­naise, Wi­told Waszc­zy­kows­ki, après une heure et de­mie de dis­cus­sion à Pa­ris, a ju­gé « nui­sible » et source de « ri­va­li­tés » le pro­jet de « ré­forme ra­di­cale » de L’UE de la pré­si­dente du FN.

En Eu­rope, Ma­rine Le Pen peut sur­tout comp­ter sur ses al­liés étran­gers, avec les­quels elle a consti­tué un groupe so­lide au Par­le­ment eu­ro­péen. Mais son ac­ces­sion éven­tuelle à l’ély­sée conti­nue à sus­ci­ter une large ré­pro­ba­tion, dans les mi­lieux éco­no­miques et po­li­tiques.

Sa vi­site au Qué­bec en mars 2016 avait été sno­bée par les po­li­tiques ca­na­diens. An­ge­la Mer­kel, la chan­ce­lière al­le­mande, a ex­clu de la re­ce­voir. Son ho­mo­logue es­pa­gnol, Ma­ria­no Ra­joy, s’est in­quié­té lui d’une « ca­tas­trophe ». Pré­sente en jan­vier dans la « Trump To­wer », à New York, elle n’avait été re­çue of­fi­ciel­le­ment ni par le mil­liar­daire, ins­tal­lé de­puis à la Mai­son Blanche, ni par son équipe. Qu’im­porte : Ma­rine Le Pen en­tend bien pro­fi­ter de la vague pro­tec­tion­niste et an­ti­im­mi­gra­tion qui a abou­ti au vote du Brexit en juin en Grande­bre­tagne ou à l’élec­tion en no­vembre de Trump.

CAN­DI­DATE. A la re­cherche d’une cré­di­bi­li­té in­ter­na­tio­nale. PHO­TO AFP

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