Plan F

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 jours en politique - Claude Lesme

Alors que la droite en dif­fi­cul­té avec l’af­faire Fillon semble avoir tour­né, pour le mo­ment, la page de l’in­trou­vable plan B (B comme Bé­ré­zi­na, se­lon l’an­cien Pre­mier mi­nistre), de nom­breux éco­no­mistes, di­ri­geants d’en­tre­prises, gou­ver­neurs de banques cen­trales ou simples ci­toyens s’in­quiètent dans le si­lence as­sour­dis­sant de la cam­pagne pré­si­den­tielle, qui se re­fuse à abor­der les ques­tions es­sen­tielles à neuf se­maines du pre­mier tour, d’un plan F (F comme faillite).

L’alerte est ve­nue d’une lé­gère re­mon­tée des taux d’in­té­rêt de la dette fran­çaise. En cause, les in­quié­tudes des créan­ciers de­vant la tour­nure de la cam­pagne en France et le fait que cer­tains se sont per­sua­dés d’une pos­sible vic­toire de Ma­rine Le Pen.

En ligne de mire, la sor­tie de l’eu­ro conte­nue dans la pro­po­si­tion 35 du pro­gramme de la can­di­date FN qui in­dique de ma­nière la­pi­daire « le ré­ta­blis­se­ment d’une mon­naie na­tio­nale ». Une fo­lie, se­lon les ex­perts. Tant le re­tour du franc et son in­évi­table dé­va­lua­tion rui­ne­raient les épar­gnants et ren­draient im­pos­sible le rem­bour­se­ment de notre dette (comme pour la Grèce), tou­jours li­bel­lée en eu­ro, ren­ché­rie de di­zaines de mil­liards d’eu­ros, alors que nos créan­ciers re­fu­se­raient la mon­naie de singe fa­bri­quée à tour de bras par les planches à billets de la Banque de France.

Presque de quoi re­gret­ter le deuxième tour Hol­lande­sar­ko­zy de 2012. Une bonne gauche contre une bonne droite avec des pro­grammes de gou­ver­ne­ment rai­son­nables lais­sés au libre choix, à moindre risque, des Fran­çais.

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