Grande opé­ra­tion sé­duc­tion de toute une pro­fes­sion

Au-de­là de la pro­mo­tion des pro­duits phares de l’agri­cul­ture tri­co­lore, le ren­dez-vous de la Porte de Ver­sailles veut dé­sor­mais s’im­po­ser comme la vi­trine des mé­tiers de l’agri­cul­ture. Un vé­ri­table sa­lon de re­cru­te­ment où tout est mis en oeuvre pour sus­ci

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Salon International De L'agriculture - Do­mi­nique Dio­gon do­mi­nique.dio­gon@cen­tre­france.com

Le Sa­lon de l’étu­diant a beau se dé­rou­ler au même en­droit du 10 au 12 mars pro­chain, le Sa­lon de l’agri­cul­ture am­bi­tionne, cette an­née, de lui faire une concur­rence in­at­ten­due. Avec quelques ar­gu­ments à faire va­loir.

C’est jus­te­ment parce que la plus grande ferme de France reste ce parc d’at­trac­tions qui mêle bonne bouffe et ani­maux en tout genre que les Fran­ci­liens et les autres conti­nuent de se dé­pla­cer en masse. Près de 700.000 per­sonnes sont en­core at­ten­dues cette an­née.

Confron­tée à la dif­fi­cile équa­tion du re­nou­vel­le­ment des gé­né­ra­tions, avec une moyenne d’âge des chefs d’ex­ploi­ta­tion qui frôle les 49 ans, l’agri­cul­ture fran­çaise en­tend se ser­vir de sa plus belle vi­trine pour sus­ci­ter de nou­velles vo­ca­tions.

« Cette di­men­sion a tou­jours été pré­sente ici mais en ordre dis­per­sé. Il y a cette an­née une vo­lon­té de l’en­semble des or­ga­nismes, au­de­là de la pro­mo­tion des pro­duits et des ani­maux, de mettre en avant l’at­trac­ti­vi­té des mé­tiers de l’agri­cul­ture. Le thème que nous avons choi­si colle à cette am­bi­tion : “L’agri­cul­ture, une pas­sion, des am­bi­tions” », ex­plique Jacques Cha­za­let, le pré­sident de la com­mis­sion élevage au sein du Ce­ne­ca (Centre na­tio­nal des ex­po­si­tions et des concours agri­coles), pro­prié­taire du Sa­lon.

L’en­jeu est d’au­tant plus vi­tal pour l’en­semble des fi­lières que la France est de plus en plus ur­baine et donc cou­pée des réa­li­tés du monde agri­cole.

« Nous sommes face à un pu­blic qui ne connaît pas du tout la di­ver­si­té de nos pro­duc­tions. Au­tant en grandes cultures, vous avez des ma­chines qui conviennent à des par­celles de 150 à 200 hec­tares, au­tant en élevage, tout n’est pas mé­ca­ni­sable. En agri­cul­ture en gé­né­ral, nous avons donc be­soin de re­cru­ter des bras et des cer­veaux », pour­suit Jacques Cha­za­let.

Un pa­ri ar­du tant l’agri­cul­ture est sou­vent dé­criée et dé­ni­grée. « D’un cô­té, on sent bien que l’élevage est de plus en plus at­ta­qué. Et de l’autre, vous avez les dif­fi­cul­tés d’un cer­tain nombre d’ex­ploi­tants et les risques de dé­mo­bi­li­sa­tion qui vont avec », ana­lyse Mi­chèle Bou­doin, pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale ovine (FNO).

Pour l’éle­veuse, ins­tal­lée à Al­la­gnat, au pied du puy de Dôme, le Sa­lon de l’agri­cul­ture est une oc­ca­sion en or pour lan­cer une grande opé­ra­tion sé­duc­tion à des­ti­na­tion des jeunes gé­né­ra­tions. « Nous nous sommes aper­çus qu’il y avait sur le ter­rain une ky­rielle d’ac­tions qui marchent bien. L’idée est de ras­sem­bler tous les pres­crip­teurs sur une seule plate­forme web, bap­ti­sée “de­ve­ni­re­le­veur.fr”, que nous pré­sen­tons jus­te­ment ici », dé­voile­t­elle.

« L’ob­jec­tif est que notre mé­tier sé­duise les jeunes gé­né­ra­tions sans en édul­co­rer les dif­fi­cul­tés. Nous de­vons re­gar­der ça avec lu­ci­di­té. Notre mé­tier est par­ti­cu­lier, en­chaîne­t­elle. En­suite, nous avons be­soin de re­trou­ver des liens avec la so­cié­té ci­vile, de mon­trer com­ment nous tra­vaillons. C’est un mo­ment pri­vi­lé­gié pour se rap­pro­cher des “rur­bains”. Ce sa­lon de Pa­ris, c’est ce­ lui des ter­roirs. Mais der­rière, il y a des pro­duc­tions qui ont aus­si une image tron­quée. Nous avons un mes­sage à faire pas­ser. Nous croyons en notre mé­tier. Face aux at­taques, en par­ti­cu­lier des vé­gans, nous vou­lons mon­trer que nous res­pec­tons, que nous ai­mons nos ani­maux. Ça aus­si, nous vou­lons le faire pas­ser aux jeunes. »

La moyenne d’âge des chefs d’ex­ploi­ta­tion frôle les 49 ans

PLATE-FORME. « Nous nous sommes aper­çus qu’il y avait sur le ter­rain une ky­rielle d’ac­tions qui marchent bien. L’idée est de ras­sem­bler tous les pres­crip­teurs sur une seule plate-forme web, bap­ti­sée “de­ve­ni­re­le­veur.fr”, que nous pré­sen­tons jus­te­ment ici », ex­plique Mi­chèle Bou­doin, pré­si­dente puy­dô­moise de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale ovine avec sa pro­té­gée, Ma­ho­na Leclercq. PHO­TOS THIER­RY LINDAUER

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