101.000 eu­ros dans la ca­bine du ca­mion

De quatre mois à un an de pri­son avec sur­sis re­quis

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région - Ophé­lie Cré­millieux ophe­lie.cre­mil­lieux@cen­tre­france.com

D’où pro­viennent les 101.000 € soi­gneu­se­ment ran­gés dans une sa­coche découverte par les gen­darmes, dans la ca­bine du ca­mion, peu après un ac­ci­dent de la route qui a fait deux morts (voir par ailleurs) ?

Ni le conduc­teur du poids lourd, ni son épouse, ni le gé­rant du cirque et sa com­pagne, n’ont pu four­nir d’ex­pli­ca­tions. Car au­cun d’eux ne s’est pré­sen­té à l’audience cor­rec­tion­nelle, mar­di après­mi­di, au tri­bu­nal du Puy.

Vente de dro­ma­daires

Sus­pec­tés pour cer­tains de blan­chi­ment, de re­cours aux ser­vices d’une per­sonne exer­çant un tra­vail dis­si­mu­lé, pour les autres, les membres de cette fa­mille ont lais­sé Me Re­naud Por­te­joie as­su­rer leur dé­fense.

L’avo­cat a ten­té de faire tom­ber les charges pe­sant sur ses clients. « Le dé­bat est ter­mi­né, il n’y a pas de blan­chi­ment, ga­ran­tit­il. Ils de­vaient s’ache­ter une ca­ra­vane avec cet ar­gent prê­té pour par­tie par des proches. La so­li­da­ri­té est forte dans ce mi­lieu­là. 20.000 € pro­ve­naient de la vente de dro­ma­daires. Le reste, c’était le pro­duit du cirque. Dans tous les cas, l’in­frac­tion n’est ca­rac­té­ri­sée qu’après l’ac­qui­si­tion du vé­hi­cule. Le but, c’est que l’ar­gent sale de­vienne propre. Pour ce­la, il faut qu’il soit ré­in­tro­duit sur le mar­ché. On peut par­ler de re­cel, d’une ten­ta­tive, mais ce n’est pas du blan­ chi­ment », a­t­il lan­cé au pré­sident. « C’est com­plexe à dé­mon­trer », a re­con­nu le re­pré­sen­tant du mi­nis­tère pu­blic, convain­cu tou­te­fois de la culpa­bi­li­té des pré­ve­nus.

Mais pour Ma­rie Mo­schet­ti, les preuves sont suf­fi­santes : les billets, fa­bri­qués en Al­le­magne, n’au­raient ja­mais été mis en cir­cu­la­tion en France et le cirque ne s’y est ja­mais ren­du. Autre élé­ment trou­blant, les proches des pré­ve­nus n’avaient pas les moyens de leur prê­ter de telles sommes, « ou alors, elles n’étaient pas dé­cla­rées ».

« Ce n’est pas parce qu’on gère un cirque, que l’on est dis­pen­sé de toutes règles », a conclu le sub­sti­tut du pro­cu­reur. Le tri­bu­nal ren­dra sa dé­ci­sion le 21 mars pro­chain.

BOURNONCLE-SAINT-PIERRE. C’est un drame de la route qui a conduit à la découverte de l’ar­gent. PHO­TO LIO­NEL CIOCHETTO

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