SBA : la guerre du tri au­ra bien lieu

Le pré­sident du syn­di­cat tente de cla­ri­fier les in­com­pré­hen­sions au­tour de la nou­velle ta­ri­fi­ca­tion

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Puy-De-Dôme - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­ny@cen­tre­france.com

Entre dé­pôts sau­vages et ta­ri­fi­ca­tions « iniques », les usa­gers n’adhèrent pas fa­ci­le­ment aux nou­velles tech­niques de tri ap­pli­quées par le SBA.

La dé­mo­cra­tie a tou­jours un coût. Par­fois, il s’agit sim­ple­ment de sa­cri­fier un sa­me­di en­so­leillé. C’est ce qu’ont fait les élus du Syn­di­cat du Bois de l’au­mône (SBA) hier, à La Roche­blanche.

Avec la loi NOTRE et les nou­velles com­mu­nau­tés de com­munes, les syn­di­cats de trai­te­ment des dé­chets ont re­vu leur ter­ri­toire et leur com­po­si­tion. Mais un vide ju­ri­dique laisse pla­ner le flou sur l’obli­ga­tion de ré­élire le bu­reau ou non. Dans l’al­lier, la pré­fec­ture a tran­ché : ce se­ra non. Moins de chance pour le SBA, il faut re­pas­ser par les urnes. Un pré­sident, ses vice­pré­si­dents, le bu­reau et les com­mis­sions. Tout ce­la à élire, à bul­le­tins se­crets, avec 110 vo­tants pré­sents. Et voi­là com­ment on gâche son sa­me­di.

Sur­tout que, sans sur­prise, per­sonne ne s’est pré­sen­té contre les élus sor­tants. Sim­ple­ment deux sor­ties du bu­reau et une en­trée (voir par ailleurs). Et voi­là l’équipe re­par­tie pour en­core deux ans et de­mi. Mais l’es­sen­tiel n’était pas là. De­puis quelques mois, chaque réunion est l’oc­ca­sion de pes­ter contre la re­de­vance in­ci­ta­tive. Et chaque ar­ticle dans les co­lonnes de votre jour­nal donne lieu à quelques re­tours hou­leux.

Nous avons donc dé­ci­dé de re­ve­nir sur les points sou­le­vés par le co­mi­té des usa­gers – re­pré­sen­té par Pa­trick Dar­beau en ce sa­me­di – et de les sou­mettre au pré­sident sor­tant et ré­élu du SBA, Jean­claude Mo­li­nier. 1

Le fon­de­ment de la nou­velle ta­ri­fi­ca­tion. Ba­sé sur la taxe fon­cière, le coût des dé­chets était va­riable. « Al­lant de 100 à 500 € par an, se­lon Pa­trick Dar­beau. Et même jus­qu’à 1.000 € pour les plus riches. De­main, tout le monde paie­ra 350 €, même les plus pauvres. »

« Ce n’est pas com­plè­te­ment vrai, tem­père Jean­claude Mo­li­nier. Ce n’est pas lié au re­ve­nu, mais au fon­cier. Des gens ont hé­ri­té de grandes mai­sons, alors qu’ils ont peu de re­ve­nus. Et la va­leur lo­ca­tive est très dif­fé­rente sur les 131 com­munes du SBA. Il fau­drait in­té­grer dans la fis­ca­li­té lo­cale une no­tion de res­source, mais ce n’est pas de notre res­sort. Par contre, que cer­tains paient pour les dé­chets des autres nous pa­raît anor­mal. Comme pour l’eau ou l’élec­tri­ci­té, on paie pour ce qu’on consomme. » 2

Le SBA glisse vers le pri­vé. En rem­pla­çant un im­pôt par une re­de­vance, le co­mi­té des usa­gers voit le syn­di­cat s’ap­pro­cher d’un fonc­tion­ne­ment pri­vé. « Se­lon la loi, en uti­li­sant ce sys­tème on de­vrait de­ve­nir un Spic (ser­vice pu­blic in­dus­triel et com­mer­cial, à mi­che­min entre pu­blic et pri­vé pour faire simple, N.D.L.R.). Mais dans les faits, l’état ne l’exige pas. Ce se­rait contre­pro­duc­tif. » 3

Des pertes d’em­plois. Pa­trick Dar­beau a dé­non­cé la perte de 16 em­plois dé­jà et d’autres à ve­nir. « Les 16, c’est vrai. Il s’agis­sait des em­plois tem­po­raires pour pré­pa­rer l’opé­ra­tion avec un re­cen­se­ment. Quant à l’ave­nir, l’op­ti­mi­sa­tion des tour­nées de col­lecte va im­pli­quer une ré­or­ga­ni­sa­tion. » 4

Ré­duc­tion à la source. Pour­quoi de­man­der l’ef­fort aux ci­toyens et pas aux in­dus­triels ? « Les élus des syn­di­cats de ges­tion des dé­chets ou éner­gé­tiques sont re­grou­pés au sein de l’as­so­cia­tion Amorce (848 adhé­rents sur toute la France, N.D.L.R.). C’est un lob­by pour ap­pli­quer le prin­cipe “pol­lueur­payeur”. Nous sommes pour la ré­duc­tion du sur­em­bal­lage, mais on se heurte à un pro­blème : les in­dus­triels qui pro­duisent les em­bal­lages sont les mêmes qui les re­cyclent, au sein d’éco­em­bal­lage, par exemple. Ils n’ont au­cun in­té­rêt à ce que ce­la s’ar­rête. Il fau­drait que le tri de­vienne un ser­vice pu­blic. » Cer­tains su­per­mar­chés com­mencent à ré­cu­pé­rer le sur­em­bal­lage à la caisse. 5

La baisse exis­tait avant. Un usa­ger du SBA pro­duit en­vi­ron 164 kg de dé­chet par an. C’est 30 kg de moins qu’il y a deux ans. Et 130 kg de moins que la moyenne fran­çaise. Une baisse dé­bu­tée avant la nou­velle ta­ri­fi­ca­tion. « Nous avions des ré­sul­tats, mais nous stag­nions. Nous ai­me­rions ar­ri­ver à 140 kg par ha­bi­tant par an. Moins nous ra­mas­sons, moins nous avons de coût de fonc­tion­ne­ment. Les éco­no­mies re­vien­dront aux usa­gers. » 6ser­vées Les dé­charges sau­vages. Ob

sur­tout à Riom. « Nous avons dé­jà ver­ba­li­sé 200 per­sonnes. Et nous n’al­lons pas fai­blir. Il y a 34 com­munes qui

ont des PAV (point d’ap­port vo­lon­taire), cer­taines de­puis trois ans, et au­cune n’a eu un tel com­por­te­ment. C’est propre à Riom. Avant les PAV, nos agents di­saient dé­jà que les bennes dé­bor­daient à Riom. Il y a trois fac­teurs : un re­jet du chan­ge­ment, des per­sonnes qui n’ont pas la carte et un pur com­por­te­ment d’in­ci­vi­li­té. »

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