Un réa­li­sa­teur très at­ten­du au col­lège

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Agglomération -

Dans le cadre d’un par­cours ar­tis­tique, une classe de 3e du col­lège Teil­hard­de­char­din a ren­con­tré le réa­li­sa­teur Sté­phane Cas­tang, le réa­li­sa­teur du film Pan­théon Dis­count.

Quelques jours au­pa­ra­vant, les élèves s’étaient im­mer­gés une jour­née en­tière au festival du court­mé­trage : pro­jec­tion le ma­tin et par­ti­ci­pa­tion à un ate­lier d’édu­ca­tion fil­mique l’après­mi­di.

Comme les per­son­nages de son film, Sté­phane Cas­tang de­vra se prê­ter à un en­tre­tien mé­di­cal, une idée de mise en scène des élèves et de leur en­sei­gnante, Ma­rie Mé­ral, à la­quelle le réa­li­sa­teur par­ti­cipe vo­lon­tiers.

« Je vois que vous avez com­pris le sens du film » a­t­il dé­cla­ré pour com­men­cer cet échange avec les élèves. « On va vers une mar­chan­di­sa­tion de ce que nous sommes. C’est as­sez triste de se ré­su­mer à ce que nous pos­sé­dons ».

Pa­ra­doxa­le­ment, Sté­phan Cas­tang a ex­pli­qué aux élèves qu’il ne sou­hai­tait pas faire de films en forme de le­çon sur des pro­blèmes de so­cié­té. « Dans ce­lui­ci, a­t­il ex­pli­qué, le mé­de­cin qui se com­porte en ven­deur, n’est pas le cou­pable. Il es­saie sim­ple­ment de faire ce qu’il peut, à la place où il est."ce n’est pas au réa­li­sa­teur de dire au spec­ta­teur ce qu’il doit pen­ser ».

De la ma­nière de dire à la ma­nière de faire

Sté­phane Cas­tang a en­suite ex­pli­qué aux élèves com­ment il tra­vaillait avec les ac­teurs :

« J’écris le texte en fonc­tion des co­mé­diens. Il y a sou­vent la né­ces­si­té de jouer et re­jouer les scènes avant de choi­sir une prise de vue dé­fi­ni­tive. C’est seu­le­ment au bout de plu­sieurs es­sais, par­fois une tren­taine, que les co­mé­diens par­viennent à avoir un jeu vé­ri­ta­ble­ment sin­cère ».

Un sa­voir faire hé­ri­té du théâtre qui conduit sou­vent à de­man­der à cer­tains co­mé­diens d’im­pro­vi­ser « pour créer de vé­ri­tables si­tua­tions de sur­prise ».

À la ques­tion « pour­quoi avoir fil­mé en noir et blanc » le réa­li­sa­teur a ré­pon­du en évo­quant son in­té­rêt pour les films d’an­ti­ci­pa­tion, des films qui par­fois vieillissent mal dans leur ma­nière de re­pré­sen­ter le fu­tur.

Sté­phane Cas­tang a donc pré­fé­ré un noir et blanc plus in­tem­po­rel.

Ci­né­phile de longue date, le réa­li­sa­teur évoque l’étran­ge­té et le ma­gné­tisme exer­cés en­core au­jourd’hui par des films en noir et blanc comme La nuit des morts vi­vants de George Ro­me­ro ou La je­tée de Ch­ris Mar­ker, court­mé­trage culte en forme de ro­man­pho­to.

Cette ren­contre consti­tue une étape sup­plé­men­taire dans le par­cours d’édu­ca­tion fil­mique des élèves.

À l’ini­tia­tive de leur en­sei­gnante, dans le cadre du festival du court­mé­trage, la classe a as­sis­té à une pro­jec­tion sco­laire et a par­ti­ci­pé à « l’ate­lier », école de ci­né­ma éphé­mère, pro­po­sée par le pôle d’édu­ca­tion à l’image.

Im­mer­sion dans le sep­tième art

Les élèves ont pu ap­pré­hen­der com­ment in­té­grer du son à un film, s’es­sayer à la réa­li­sa­tion d’images d’ani­ma­tion en pâte à mo­de­ler. En as­sis­tant au tour­nage d’une scène, les jeunes spec­ta­teurs se sont ren­dus compte du grand nombre de pro­fes­sion­nels in­vi­sibles à l’écran et pour­tant pré­sents au mo­ment de la prise de vue. La pré­sen­ta­tion de dif­fé­rentes écoles ou fi­lières de ci­né­ma a pu éga­le­ment gui­der ces élèves de 3e pour leur fu­ture orien­ta­tion. Re­gar­der des films, s’es­sayer à des gestes tech­niques, ren­con­trer un ar­tiste, trois étapes pour abor­der le sep­tième art de ma­nière ac­tive et mo­ti­vante.

ÉDU­CA­TION. Les élèves du col­lège Teil­hard-de-char­din ont ren­con­tré le réa­li­sa­teur Sté­phane Cas­tang.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.