Dans le sca­phandre d’un as­tro­naute 10 heures par jour

Alors que l’as­tro­naute Tho­mas Pes­quet pour­suit sa mis­sion à bord de la Sta­tion spa­tiale in­ter­na­tio­nale, une ex­po­si­tion donne à voir à Tou­louse la vie quo­ti­dienne et ex­tra­or­di­naire dans l’es­pace.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche -

Avec l’ex­po­si­tion « As­tro­nautes », pré­sen­tée jus­qu’à fin dé­cembre, la Ci­té de l’es­pace de Tou­louse in­vite à s’aven­tu­rer à 400 km en or­bite au­tour de la Terre. « Des tranches de vies dans un monde mé­con­nu ex­pli­quées par treize as­tro­nautes de huit na­tio­na­li­tés », ré­sume Aude Les­ty, com­mis­saire de l’ex­po­si­tion.

L’ex­po­si­tion tem­po­raire a été ar­ti­cu­lée avec le sé­jour dans l’es­pace de Tho­mas Pes­quet, par­ti le 17 no­vembre avec l’amé­ri­caine Peg­gy Whit­son et le Russe Oleg No­vits­ky pour six mois à bord de la Sta­tion spa­tiale in­ter­na­tio­nale (ISS). Le vais­seau fait le tour de la Terre toutes les 1 h 30, en or­bite à 400 km, avec six as­tro­nautes à bord. Des images de la sta­tion spa­tiale en­voyées par la Na­sa sont dif­fu­sées en di­rect à la Ci­té de l’es­pace pen­dant toute la du­rée de la mis­sion. Le re­tour de Tho­mas Pes­quet sur Terre est pré­vu mi­mai.

Le voyage com­mence au mo­ment de l’amar­rage à L’ISS. Le vi­si­teur dé­couvre le sca­phandre mo­bile des sor­ties dans l’es­pace. « C’est un vais­seau pour une per­sonne à l’in­té­rieur du­quel je flotte, je res­pire… », ex­plique l’as­tro­naute Phi­lippe Per­rin, sur un en­re­gis­tre­ment in­ter­ac­tif. « Les sor­ties sont des ex­pé­riences in­croyables, avec la Terre que vous pou­vez presque sai­sir dans vos bras, ra­conte­t­il. C’est su­blime d’avoir les pieds qui pendent vers la Terre. » Der­rière, un siège Soyouz res­semble à ce­lui dans le­quel Pes­quet est res­té confi­né pen­dant les 48 heures de son pé­riple vers L’ISS.

« Il faut com­prendre que ce n’est pas du tout confor­table. Mon sou­ve­nir, ce sont de fortes dou­leurs aux jambes pen­dant des heures », rap­porte l’ita­lien Lu­ca Par­ma­ti­no.

L’ex­po­si­tion plonge en­suite le voya­geur­vi­si­teur dans l’uni­vers de la sta­tion el­le­même. À 28.000 km/h, elle ef­fec­tue 16 ré­vo­lu­tions par jour au­tour de la Terre.

Avec ses alarmes, sa cli­ma­ti­sa­tion, tous les bruits sont re­pro­duits par in­ter­mit­tence (60 dé­ci­bels). « L’ISS est très bruyante », in­siste Aude Les­ty.

On ap­prend que l’as­tro­naute tra­vaille 8 à 10 heures par jour, se re­pose le wee­kend mais fait le mé­nage le sa­me­di ma­tin. « Le mé­nage est très im­por­tant car tout ob­jet flot­tant peut être dan­ge­reux », rap­pelle JeanBap­tiste Des­bois, di­rec­teur de la Ci­té de l’es­pace.

La zone cen­trale de L’ISS est ré­ser­vée aux ex­pé­riences et aux re­pas.

Le vi­si­teur est aus­si conduit dans les es­paces pri­va­tifs. Sur des vi­déos pré­en­re­gis­trées, l’as­tro­naute al­le­mand Alexan­der Gerst ex­plique com­ment se la­ver avec très peu d’eau.

L’ita­lienne Sa­man­tha Cris­ to­fo­ret­ti pré­sente le fonc­tion­ne­ment des toi­lettes ain­si que l’in­gé­nieux sys­tème de re­cy­clage des eaux usées, dont on peut en­tendre le va­carme.

Sont éga­le­ment énu­mé­rés les ba­gages que les vais­seaux car­gos amènent aux as­tro­nautes pour leur sé­jour de six mois. Pes­quet dis­pose par exemple de 6 shorts, 6 pan­ta­lons, 38 tee­shirts, 92 slips, 26 paires de chaus­settes, 3 py­ja­mas…

Quant aux sen­sa­tions de l’im­pe­san­teur, le vi­si­teur s’y fa­mi­lia­rise à tra­vers plu­sieurs ex­pé­riences. On peut ain­si tes­ter le tra­vail avec un gant pres­su­ri­sé comme dans le vide spa­tial, uti­li­ser un crayon flot­tant, pré­pa­rer une bois­son et une pu­rée lyo­phi­li­sée ou es­sayer de se re­pé­rer dans une pièce où tout pa­raît s’in­ver­ser.

« Tout est dif­fé­rent et chaque geste de la vie est à ré­in­ven­ter », sou­ligne Phi­lippe Per­rin.

Der­nier pa­ri, ce­lui de se me­su­rer. Dans l’es­pace, on gran­dit… Pes­quet est ain­si pas­sé de 1,85 m à 1,87 m voire 1,89 m.

En­fin, le voya­geur dé­couvre la Cu­po­la, cette baie vi­trée d’où les as­tro­nautes vont rê­ver et ad­mi­rer la Terre. « Une bille fi­nie et fra­gile », sou­ligne la voix off.

C’est no­tam­ment de cet en­droit qu’en 2013, l’as­tro­naute ca­na­dien Ch­ris Had­field avait in­ter­pré­té le tube de Da­vid Bo­wie « Space Od­di­ty ». Une re­prise in­ter­ga­lac­tique qui a rem­por­té un suc­cès phé­no­mé­nal sur la pla­nète bleue.

Le pu­blic peut aus­si pro­fi­ter de la vue im­pre­nable que seuls les as­tro­nautes peuvent contem­pler chaque jour de­puis la Sta­tion spa­tiale : la Terre qui dé­file à la vi­tesse de 8 km se­conde ou Pa­ris­tou­louse en 75 se­condes ! Une prise de conscience très forte de la beau­té de notre pla­nète vi­vante.

SOR­TIES. Des dé­cors pour s’im­mer­ger dans l’es­pace et des ex­pé­riences à réa­li­ser pour s’ini­tier à la drôle de vie de l’as­tro­naute. DR

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GANT PRÉSSURISÉ. Exer­cice de pré­hen­sion.

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