Fillon en ap­pelle à ses mi­li­tants

Le can­di­dat compte beau­coup sur ses par­ti­sans pour res­ter dans la course

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde actualités -

Ses sou­tiens le dé­sertent en masse, la droite est dé­chi­rée, Alain Jup­pé prêt à le rem­pla­cer : contre vents et ma­rées, Fran­çois Fillon veut res­ter dans la course à l’ely­sée, en es­pé­rant une mo­bi­li­sa­tion mas­sive de ses par­ti­sans di­manche au Tro­ca­dé­ro.

«N’ab­di­quez pas, ne re­non­cez ja­mais ! » a lan­cé hier Fran­çois Fillon à ses sou­tiens réunis à Au­ber­vil­liers (Seine­saint­de­nis), les ap­pe­lant à « heur­ter les Bas­tille et les ci­ta­delles » pour qu’il puisse dé­fendre son pro­jet comme can­di­dat LR à la pré­si­den­tielle. « Votre en­ga­ge­ment doit se pour­suivre […] La France a be­soin de vous pour se ré­for­mer. Elle a be­soin de vous pour heur­ter les Bas­tille et les ci­ta­delles der­rière les­quelles s’abritent les conser­va­tismes, les cor­po­ra­tismes et tous ceux qui ont in­té­rêt à ce que rien ne change », a dé­cla­ré le can­di­dat, en grande dif­fi­cul­té dans sa cam­pagne mar­quée par de mul­tiples dé­fec­tions dans son camp, alors qu’il est me­na­cé de mise en exa­men pour des em­plois pré­su­més fic­tifs.

« Joyeux an­ni­ver­saire ! »

« Vous êtes cou­ra­geux. On veut vous in­ti­mi­der. On s’at­taque à moi. Mais, à tra­vers moi, ce qu’on cherche à abattre, c’est le re­dres­se­ment na­tio­nal », a lan­cé le can­di­dat de la droite à la pré­si­den­tielle, de­vant les re­pré­sen­tants de quelque 2.500 co­mi­tés lo­caux de la société ci­vile créés pour sou­te­nir sa can­di­da­ture. U

À son ar­ri­vée aux Docks de Pa­ris, sous des « Fillon pré­sident », le pu­blic s’était le­vé pour chan­ter « joyeux an­ni­ver­saire » au can­di­dat né le 4 mars 1954.

Le week­end, cru­cial pour l’exP­re­mier mi­nistre, pa­raît se ré­su­mer par la for­mule « Ca passe ou ça casse ». Dé­fec­tions et ap­pels au re­trait se suc­cèdent de­puis l’an­nonce mer­cre­di par le can­di­dat lui­même de sa pro­chaine convo­ca­tion aux fins de « mise en exa­men » dans l’af­faire des em­plois pré­su­més fic­tifs de son épouse et de deux de ses en­fants. Même son fi­dèle di­rec­teur de cam­pagne, Pa­trick Ste­fa­ni­ni, a don­né sa dé­mis­sion.

Ren­dez-vous au Tro­ca­dé­ro au­jourd’hui

Qua­si­ment tous les par­tants at­tendent du maire de Bor­deaux qu’il vienne sau­ver son camp d’une dé­faite à la pré­si­den­tielle, si l’on en croit les son­dages.

Le ren­dez­vous clef du wee­kend se­ra au Tro­ca­dé­ro, dont Fran­çois Fillon semble at­tendre son sa­lut, jouant en quelque sorte le peuple contre les élus. « Ne vous lais­sez pas faire […] Je vous de­mande de ré­sis­ter”, a lan­cé Fran­çois Fillon à ses par­ti­sans, ven­dre­di soir dans une vi­déo sur Twit­ter. Sur la Toile, les ap­pels au ras­sem­ble­ment s’ac­com­pagnent du ha­sh­tag #tou­che­pa­sa­mon­vote.

L’es­poir est de réu­nir « 40 à 45.000 per­sonnes », se­lon Pierre Dan­non, ani­ma­teur de « la société ci­vile » dans la cam­pagne Fillon. Et « on ne veut pas de dé­ra­pages, alors on fait tout pour ca­drer les par­ti­ci­pants », via un ser­vice d’ordre de 200 per­sonnes, « en har­mo­nie avec la Pré­fec­ture de Pa­ris ». Au­cune ban­de­role n’est au­to­ri­sée, pour évi­ter « les mes­sages in­tem­pes­tifs ». In­ter­dits éga­le­ment sacs à dos et à main, rien qui puisse « han­di­ca­per le tra­vail de la sé­cu­ri­té ».

Au Tro­ca­dé­ro, l’ex­pre­mier mi­nistre pro­non­ce­ra « un dis­cours au peuple de France », se­lon son en­tou­rage.

Per­qui­si­tions, suite. Une per­qui­si­tion a été me­née ven­dre­di dans le ma­noir de Fran­çois et Pé­né­lope Fillon dans la Sarthe. Jeu­di, leur do­mi­cile pa­ri­sien avait dé­jà été per­qui­si­tion­né.

PHO­TO AFP

FILLONISTE. Un sup­por­ter, hier, au mee­ting d’au­ber­vil­liers.

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