De la hau­teur

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 Jours en politique - Claude Lesme

L’hys­té­rie qui s’est em­pa­rée de la cam­pagne pré­si­den­tielle ces der­niers jours donne la nau­sée à beau­coup d’élec­teurs et à beau­coup d’hommes ou de femmes po­li­tiques. Comment des can­di­dats ap­pe­lés une fois élus à ga­ran­tir les ins­ti­tu­tions de la Ré­pu­blique peuvent­ils ti­rer à bou­lets rouges sur la jus­tice, la po­lice et même les médias ?

L’état de droit est le bien com­mun, avec les va­leurs de la Ré­pu­blique, le plus pré­cieux du peuple de France. S’il ga­ran­tit à cha­cun ses droits, il im­pose aus­si des de­voirs. Il doit être res­pec­té no­tam­ment et sur­tout par ceux qui as­pirent à gou­ver­ner le pays et qui plu­tôt que de dé­non­cer les ins­ti­tu­tions fe­raient mieux de faire la clar­té sur leurs propres agis­se­ments. Comment comme Fran­çois Fillon ou Marine Le Pen peut­on as­pi­rer à res­tau­rer l’au­to­ri­té de l’état en ap­pe­lant qua­si­ment à une ma­ni­fes­ta­tion contre la jus­tice pen­dant l’état d’ur­gence ou en re­fu­sant de ré­pondre aux convo­ca­tions des juges ?

Notre his­toire l’a suf­fi­sam­ment dé­mon­tré. La dé­mo­cra­tie est fra­gile et le po­pu­lisme est son plus grand en­ne­mi. Dans un pays frac­tu­ré, il ne faut pas jouer avec le feu et évi­ter de chauf­fer à blanc son socle élec­to­ral ou mi­li­tant.

L’éthique, le sang-froid et la sé­ré­ni­té doivent faire d’ur­gence leur re­tour. Le dé­bat dé­mo­cra­tique doit re­ve­nir au pre­mier plan, pro­jet contre pro­jet, dans la to­lé­rance ré­pu­bli­caine. Les Fran­çais, dé­bous­so­lés, le mé­ritent et l’at­tendent. Éber­lués, les amis de la France des Lu­mières du monde en­tier aus­si.

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