ALINÉA

Claude Sé­rillon nou­vel­liste et fa­bu­liste

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Jean-marc Laurent jean-marc.laurent@cen­tre­france.com

De ro­mans en es­sais et nou­velles, Claude Sé­rillon pour­suit l’ex­plo­ra­tion des thèmes qui lui sont chers, chro­niques des pe­tits bon­heurs et des grandes hy­po­cri­sies, ivresse et désen­chan­te­ment dans les al­lées du pou­voir, cé­lé­bra­tion de l’at­ten­tion à l’autre et dé­non­cia­tion des dé­rives de ré­seaux so­ciaux hai­neux et de médias ob­nu­bi­lés par l’im­mé­diat. Leur der­nière dé­cli­nai­son em­prunte la forme d’un re­cueil de nou­velles, La conver­sa­tion. Claude Sé­rillon y met en scène des éclairs de vie, des ren­contres sou­vent éphé­mères qui disent notre époque et son déses­poir, le be­soin de lé­gè­re­té. « Il fau­drait es­sayer d’être heu­reux ne se­raitce que pour don­ner l’exemple », dit l’un de ses per­son­nages, ci­tant Jean Louis Trin­ti­gnant au Festival de Cannes ci­tant lui­même Jacques Pré­vert. Le bon­heur est une chose dif­fi­cile énu­mère le jour­na­liste écri­vain, par ailleurs chro­ni­queur du groupe La Mon­tagne Centre France. Sé­rillon est un ro­man­tique, ses per­son­nages ont des idéaux, se laissent por­ter par leurs sen­ti­ments. Il se fait fa­bu­liste à l’oc­ca­sion pour par­ler avec dé­li­ca­tesse de la mort en évo­quant la va­ni­té de l’homme pa­pillon face à la femme che­nille. Le pa­pillon as­sas­sin de la che­nille ? « Et s’ils s’étaient en­ten­dus entre eux ? S’ils avaient conclu un ser­ment d’amour ? », rêve Sé­rillon.

La conver­sa­tion, Nou­velles, Claude Sé­rillon, Cent Mille Millards, 192 pages, 18 €.

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