Pre­mière sor­tie pour les 20.000 pê­cheurs

Pour le grand lan­ce­ment de la sai­son, hier, le so­leil était de la par­tie mais pas vrai­ment les pois­sons !

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - La une - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­ny@cen­tre­france.com

Certes, il fai­sait beau, hier, mais l’eau froide et tu­mul­tueuse n’a pas per­mis de pêche mi­ra­cu­leuse. Tant pis, l’es­sen­tiel n’était pas là.

«C’est pas grave, c’est l’ou­ver­ture. » Voi­là la ri­tour­nelle qu’on en­ten­dait chan­tée au long des flots de la Couze Cham­bon hier. Pour l’ou­ver­ture de la sai­son de pêche, le ther­mo­mètre jouait les yo­yo. Af­fi­chant une quin­zaine de de­grés à l’ex­té­rieur, il pei­nait à dé­pas­ser le zé­ro dans l’eau. « C’est de l’eau de neige, c’est pas bon, as­sure un garde­pêche. Fau­dra re­ve­nir cet après­mi­di et se mettre au so­leil. »

Ce n’est pas tant la tem­pé­ra­ture d’ailleurs, qui gê­nait, plu­tôt que le ni­veau d’eau. Haut. Très haut. Et tu­mul­tueux. Une eau dif­fi­cile à pê­cher. Plus pro­pice à ac­cueillir un kaya­kiste qu’un ver au bout de son ha­me­çon. « La pêche ce n’est pas que le pois­son ! »

Ré­sul­tat : la plu­part des pê­cheurs étaient bre­douilles. Jo­na­than plie les gaules d’ailleurs. « Je suis re­mon­té sur trois ki­lo­mètres et rien. Je res­saie­rai en fin d’après­mi­di. Mais l’es­sen­tiel pour l’ou­ver­ture, c’est de re­trou­ver les ré­flexes. » Ga­briel, lui, est content. Il tire une truite d’une tren­taine de cen­ti­mètres de sa be­sace. « Je suis d’au­bière, mais je viens ici pour voir un co­pain. Un peu de pêche et après, hop, un ca­fé. » Quant aux condi­tions de pêche, le sep­tua­gé­naire constate « qu’avant il y avait tel­le­ment de monde, qu’on était au coude à coude. Pour­tant, il fai­sait froid. Cer­taines an­nées, les vers ge­laient sur l’ha­me­çon. » Ce so­leil et sa dou­ceur prin­ta­nière ne sont pas pour dé­plaire à tout le monde. Cé­dric, Florent et Fré­dé­ric font une pause au­tour du coffre de la voi­ture. « On n’a rien pris, mais la pêche ce n’est pas que le pois­son », an­noncent­ils en mon­trant la ter­rine, le fro­mage et le vin de­vant eux. « Mais il y a deux an­ciens en bas qui en ont pris. » Et c’est ef­fec­ti­ve­ment là que nous trou­ve­rons le cham­pion du jour avec quatre prises. Et que des truites sau­vages. Il faut dire qu’ici, il n’y a pas eu de lâ­ché. En cette mi­jour­née, plus le moindre pê­cheur sur les ri­ ves. Mais au­tour de la table, il y a du monde. Dans un coin d’herbe, ils sont une pe­tite di­zaine au­tour de la table. Ils ne sont pas ve­nus à bout de leur cas­sou­let. Pour eux non plus, la pêche n’a pas été mi­ra­cu­leuse.

Mais ils ré­es­saie­ront cet après­mi­di. « Et de­main aus­si. On va en pro­fi­ter à fond avant de re­prendre le tra­vail », lâche l’un d’eux. « Ouais, c’est sûr que nos femmes font un peu la tronche

quand la sai­son re­prend », ré­pond hi­lare son co­pain. « Tu parles, elle est bien contente de te voir par­tir », en­tend­on fu­ser à l’autre bout de la ta­blée.

Un peu plus loin se joue une scène plus calme. Mais une scène an­ces­trale. Na­than pêche pour la pre­mière fois. Avec JeanPierre, son grand­père. Comme le veut la tra­di­tion. Pour cette pre­mière ma­ti­née, il a sor­ti deux truites. Un mor­du de plus.

COM­PLI­CI­TÉ. Pour sa pre­mière sor­tie pêche avec son grand-père, Na­than a pris deux pois­sons. PHO­TOS THIER­RY LINDAUER

RE­CORD. Avec quatre truites at­tra­pées, le cham­pion de cette ma­ti­née d’ou­ver­ture.

PRISE. Le seul pois­son de Georges dans cette ma­ti­née.

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