Onze coups de cou­teau lors de la soi­rée de Noël

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région faits divers - Leï­la Aber­kane

On a frô­lé l’ho­mi­cide le soir du 24 dé­cembre 2016, à Moulins. « À peu de chose près, c’était la cour d’as­sises », a sou­li­gné le pro­cu­reur Pierre Fer­man­tel.

Le pré­ve­nu, Guillaume (1) jeune homme de 24 ans, mou­li­nois de­puis quelques mois, était à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel mer­cre­di. Le soir du 24 dé­cembre 2016, il fê­tait Noël avec son père et sa com­pagne.

Ce soir­là Pa­trick (2) s’est in­vi­té au­tour de la table du ré­veillon. Il a dé­bar­qué dans la soi­rée fa­mi­liale, ivre (2,53 g d’al­cool par litre de sang). Grand, épaules car­rées, ce der­nier ex­plique que la soi­rée « est par­tie en free­style ».

« Je me sen­tais me­na­cé »

Il a re­çu onze coups de cou­teau : « J’étais as­sis et il [Guillaume] a com­men­cé par me mettre un coup de cou­teau vers l’oreille ». Ont sui­vi les dix autres sur le nez, dans le dos, sur l’omo­plate…

Guillaume pour­sui­vi pour vio­lence avec usage d’une arme avait en­ten­du dire dans les rues de Moulins, que Pa­trick « pou­vait être violent ». Un dif­fé­rend por­tant sur la lo­ca­tion d’un ap­par­te­ment entre le père et Pa­trick, qui se connais­saient, a fait dé­gé­né­rer la soi­rée. Guillaume ex­plique qu’il a don­né des coups de cou­teau parce qu’il a eu peur : « Pa­trick in­sul­tait mon père. Il gâ­chait notre Noël et ne vou­lait pas par­tir. Je me sen­tais me­na­cé mais je ne sa­vais pas comment m’en dé­bar­ras­ser. Je suis al­lé cher­cher un cou­teau dans ma chambre et j’ai frap­pé plu­sieurs fois ».

Me Des­champs, avo­cat de Pa­trick, en­fonce le clou : « Il a ta­pé à l’aveu­glette, il y a eu un achar­ne­ment sans com­mune me­sure. Mon client n’a pas eu le temps de ré­flé­chir. Il n’a pas ré­pli­qué. Il a pu ou­vrir la porte pour s’en­fuir ».

Pa­trick a trou­vé refuge au foyer le Trem­plin, rue de Bour­gogne. Le pro­cu­reur Pierre Fer­man­tel parle aus­si d’achar­ne­ment et confie ses doutes sur la réa­li­té de la me­nace : « Je pense qu’il n’y en avait pas, qu’il n’y en avait même au­cune ».

Guillaume a été condam­né à dix­huit mois de pri­son dont six mois ferme.

(1) Nous pu­blions les iden­ti­tés des per­sonnes condam­nées à un an de pri­son ferme.

(2) Pré­nom d’em­prunt.

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