Après la ten­sion, la rup­ture

Le mi­nistre turc des Af­faires étran­gères in­ter­dit d’at­ter­ris­sage

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde - Ar­ri­vé à Metz. Le mi­nistre des Af­faires étran­gères turc, Mev­lut Ca­vu­so­glu, a at­ter­ri hier soir à Metz où il doit par­ti­ci­per au­jourd’hui à un mee­ting d’une as­so­cia­tion turque. Son dé­pla­ce­ment en France a été ac­cep­té par le mi­nis­tère des Af­faires étran­gères

Les ten­sions au­tour de la cam­pagne pro-er­do­gan me­née par le gou­ver­ne­ment turc dans des pays d’eu­rope ont tour­né, hier, à la crise di­plo­ma­tique entre les Pays-bas et la Tur­quie.

Les Pays­bas ont an­non­cé qu’ils « re­ti­raient les droits d’at­ter­ris­sage » de l’ap­pa­reil qui au­rait dû conduire, hier, le mi­nistre des Af­faires étran­gères turc Mev­lut Ca­vu­so­glu sur leur sol. « Les au­to­ri­tés turques ont me­na­cé pu­bli­que­ment de sanc­tions. Ce­la rend im­pos­sible la re­cherche d’une so­lu­tion rai­son­nable », a ex­pli­qué le gou­ver­ne­ment néer­lan­dais.

Pro­pos « fous »

L’an­nonce de La Haye d’em­pê­cher le vol a aus­si­tôt sus­ci­té l’ire du pré­sident Re­cep Tayyip Er­do­gan qui a dé­non­cé là un « ves­tige » du na­zisme et me­na­cé de ri­pos­ter. Des pro­pos qua­li­fiés de « fous et dé­pla­cés » par le Pre­mier mi­nistre des PaysBas. La Tur­quie au­rait convo­qué le char­gé d’af­faires néer­lan­dais à An­ka­ra en signe de pro­tes­ta­tion se­lon un res­pon­sable du mi­nis­tère turc des Af­faires étran­gères sous cou­vert d’ano­ny­mat. Par ailleurs, les au­to­ri­tés turques ont blo­qué hier soir les ac­cès à l’am­bas­sade des Pays­bas à An­ka­ra et au consu­lat du royaume à Is­tan­bul pour « rai­sons de sé­cu­ri­té », a­t­on ap­pris au­près de res­pon­sables du mi­nis­tère turc des Af­faires étran­gères.

Le mi­nistre turc des Af­faires étran­gères avait dé­fié un plus tôt les au­to­ri­tés néer­lan­daises en main­te­nant une vi­site pré­vue à Rot­ter­dam dans le cadre de la cam­pagne du ré­fé­ren­dum pré­vu en Tur­quie le 16 avril sur le ren­for­ce­ment des pou­voirs pré­si­den­tiels, et en les me­na­çant de « lourdes sanc­tions » si elles l’em­pê­chaient de ve­nir.

« Nous ne par­ti­ci­pe­rons pas à la vi­site d’un res­pon­sable gou­ver­ne­men­tal turc qui veut me­ner une cam­pagne po­li­tique pour le ré­fé­ren­dum (pré­vu en Tur­quie) », avait ex­pli­qué jeu­di le chef de la di­plo­ma­tie Bert Koen­ders. La brusque es­ca­lade de la ten­sion entre les deux pays à l’ap­proche de ce ré­fé­ren­dum ca­pi­tal pour Re­cep Tayyip Er­do­gan a éga­le­ment pour contexte les élec­tions lé­gis­la­tives du 15 mars aux Pays­bas, qui donnent lieu à un vif dé­bat sur l’im­mi­gra­tion et le rôle des ci­toyens mu­sul­mans néer­lan­dais.

Dé­jà en Al­le­magne

La cam­pagne lan­cée en Eu­rope au­près de la dia­spo­ra turque en vue du ré­fé­ren­dum est à l’ori­gine de ten­sions entre plu­sieurs pays et la Tur­quie, à com­men­cer par l’al­le­magne, en rai­son de l’an­nu­la­tion par plu­sieurs villes outre­rhin de ras­sem­ble­ments pro­er­do­gan. Le pré­sident turc avait dé­jà ac­cu­sé le 5 mars l’al­le­magne de « pra­tiques na­zies », des pro­pos qui avaient sus­ci­té la co­lère à Ber­lin – et à Bruxelles. Mais la chan­ce­lière An­ge­la Mer­kel avait ap­pe­lé à « gar­der la tête froide ».

ER­DO­GAN. Il dé­nonce un « ves­tige » du na­zisme. PHO­TO AFP

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