As­so­cions les conver­gences

Un choix dé­ter­mi­né pour Em­ma­nuel Ma­cron

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 Jours En Politique - Jean-yves Vif jean-yves.vif@cen­tre­france.com

L’eu­rope qu’il es­père, fé­dé­rale et ré­pu­bli­caine, guide ses en­ga­ge­ments. Mais il sou­tient Ma­cron, éga­le­ment pour bri­ser la vi­tri­fi­ca­tion entre gauche et droite.

Da­niel Cohn­bendit n’en fai­sait plus mystère. Pour la pré­si­den­tielle, il choi­sit sans ré­serve Em­ma­nuel Ma­cron. À Cler­mont­fer­rand ven­dre­di 17 mars pour dé­battre de la place de l’union eu­ro­péenne, il ap­pelle à « une Eu­rope des va­leurs » et fus­tige « le re­pli gaulois ».

Comment va l’eu­rope ? Elle va mal ! Elle est déso­rien­tée mais pour sor­tir des crises suc­ces­sives aux­quelles sont confron­tés les États, l’eu­rope s’im­pose. Elle est d’au­tant plus né­ces­saire en rai­son de la mon­dia­li­sa­tion mais éga­le­ment de la ques­tion de l’im­mi­gra­tion et des pro­blèmes en­vi­ron­ne­men­taux. In­té­grons que les États ne peuvent pas ré­pondre seuls à ces dé­fis. L’en­jeu est donc double : ren­for­cer la sou­ve­rai­ne­té eu­ro­péenne par­ta­gée et faire bé­né­fi­cier cette Eu­rope sou­ve­raine d’un vé­ri­table es­pace dé­mo­cra­tique.

Avec quel cadre ? Une ré­pu­blique fé­dé­rale dé­mo­cra­tique. Je peux com­prendre des ini­tia­tives in­di­vi­duelles de cer­tains États mais il doit y avoir un es­pace de contrôle dé­mo­cra­tique par le par­le­ment eu­ro­péen. Ar­rê­tons avec l’eu­rope à la carte. L’eu­rope de de­main doit être l’eu­rope de la zone eu­ro !

N’existe-t-il pas des op­po­si­tions entre cer­tains États sur des va­leurs fon­da­men­tales ? Oui ! C’est le cas de la Hon­grie et de Or­ban qui a un com­por­te­ment fas­ci­sant face aux ré­fu­giés. On peut com­pa­rer Or­ban à Pétain ! Af­fir­mons les va­leurs de l’eu­rope et met­tons la Hon­grie au ban en exi­geant de la clar­té. Que font les amis de MM. Fillon, Ra­joy et Mer­kel au PPE avec les amis de Or­ban ?

Le contexte élec­to­ral en France et en Al­le­magne ne bloque-t-il pas les dé­ci­sions ? À l’évi­dence. Et l’ave­nir dé­pen­dra en par­tie du vain­queur de la pré­si­den­tielle. Si c’est Ma­cron, il de­vra ras­su­rer l’al­le­magne en ma­tière de res­pon­sa­bi­li­té bud­gé­taire mais il a une vi­sion de dé­ve­lop­pe­ment de l‘eu­rope.

Qu’est ce qui, au fond, ex­plique votre choix ? Je sou­haite évi­ter que la re­pré­sen­tante de la meute na­tio­na­liste et gau­loise pré­ci­pite la France et l’eu­rope dans une ré­gres­sion fa­tale. Ma­cron semble le mieux pla­cé pour ras­sem­bler dès avant le deuxième tour.

Vous vo­tez Ma­cron par dé­faut ? Ab­so­lu­ment pas ! Il im­pulse en po­si­tif et il pos­sède la ca­pa­ci­té à sor­tir des mo­dèles fi­nis­sants. Si En Marche ! po­la­rise, c’est qu’il in­carne un point d’équi­libre pour une construc­tion du­rable. Sa force ré­side dans sa na­ture hé­té­ro­doxe au­de­là des camps re­tran­chés idéo­lo­giques. Dé­pas­sons la vi­tri­fi­ca­tion gauche/droite.

Son pro­gramme n’est-il pas éloi­gné de ce­lui que l’on vous connais­sait ? Évi­dem­ment que j’ai des nuances et des ré­serves et son contrat doit être en­ri­chi. Je sou­haite qu’il s’en­gage sur la pro­por­tion­nelle, qu’il dé­fende un pro­jet plus clair sur la re­struc­tu­ra­tion de la dette des États ou qu’il se montre plus vo­lon­ta­riste sur la taxa­tion des tran­sac­tions fi­nan­cières.

Le pro­gramme n’est-il pas lé­ger sur le plan en­vi­ron­ne­men­tal ? Il de­vra por­ter ef­fec­ti­ve­ment un pro­jet sur les mo­bi­li­tés douces et les al­ter­na­tives à la voi­ture, re­pen­ser les règles du com­merce in­ter­na­tio­nal pour les rendre éco­lo­gi­que­ment et so­cia­le­ment com­pa­tibles, al­ler plus loin sur la so­li­da­ri­té éco­no­mique in­ter­na­tio­nale vis­à­vis des pays en dé­ve­lop­pe­ment. Je sou­haite qu’il cla­ri­fie l’avan­cée so­ciale avec une flexi­sé­cu­ri­té du tra­vail. Même si le pro­gramme peut pa­raître in­ache­vé, je pré­fère lar­ge­ment aux pos­tures ap­pa­rem­ment plus abou­ties mais qui res­te­ront dans un ti­roir.

Que dites-vous à vos amis éco­lo­gistes ? Ras­sem­bler les éner­gies po­si­tives, as­so­cier les conver­gences plu­tôt qu’exa­cer­ber les cli­vages, bâ­tir des ma­jo­ri­tés dé­mo­cra­tiques plu­tôt que pas­ser en force n’est­il pas le pro­jet que nous avons por­té avec Eu­rope éco­lo­gie ?

AGI­TA­TEUR. Da­niel Cohn-bendit ap­pelle à une « Eu­rope des va­leurs ». AR­CHIVES PAS­CAL CHAREYRON

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