Une char­nière bien hui­lée

Bap­tiste Se­rin et Camille Lo­pez ont ani­mé et gé­ré

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports - A Rome, Ch­ris­tophe Bu­ron

Bien qu’en­core em­prun­té en dé­but de match, le quinze de France a réus­si à mettre des choses in­té­res­santes en place. Et sa paire de de­mis a su don­ner les bons ou­tils.

S’il convient, on le dit par ailleurs, de re­la­ti­vi­ser ce suc­cès, l’équipe de France est par­ve­nue à bâ­tir son match pour s’im­po­ser sans coup fé­rir.

Lo­pez, c’est le pied ! Der­rière un pack qui a fi­ni, après un quart d’heure, par prendre la me­sure de son ad­ver­saire et im­po­ser sa loi en conquête, la char­nière tri­co­lore a joué (presque) sur du ve­lours. Face aux « rucks fan­tômes » ita­liens, Se­rin n’a pas hé­si­té à prendre la clé des champs. Pour ce­la, il lui a fal­lu col­ler au bal­lon, ce qu’il a fait ai­sé­ment.

À l’ou­ver­ture, Lo­pez n’a pas réel­le­ment eu be­soin d’al­ter­ner, mais son jeu au pied a sou­la­gé son équipe quand la pres­sion ita­lienne avait du sens en pre­mière pé­riode. Le Cler­mon­tois a fait car­ton plein au pied avec un 8 sur 8. Sa réus­site dans ce Tour­noi dé­passe les 85 %. Il a éga­le­ment été un bon ani­ma­

teur. Il rate juste un jeu au pied ra­sant, ren­dant le bal­lon dans les bras de Mc Lean.

La mê­lée tri­co­lore. L’ita­lie a char­gé dans ce do­maine, du moins pen­dant 50 mi­nutes, tant que Sli­ma­ni, Baille et Gui­ra­do étaient sur le ter­rain. Le droi­tier pa­ri­sien et fu­tur cler­mon­ tois a do­mi­né les dé­bats et son vis­à­vis Lo­vot­ti, qui n’est d’ailleurs pas re­ve­nu en jeu après la mi­temps.

Le pack tri­co­lore a ob­te­nu trois pé­na­li­tés dans ce sec­teur, ce qui a per­mis à Lo­pez d’ins­crire des points et au XV de France de prendre l’em­prise men­tale sur son ad­ver­saire. La confir­ma­tion de Gour­don. Il n’est pas in­ter­na­tio­nal de­puis un an (dé­buts en juin 2016) et il s’im­pose dé­jà comme un cadre in­con­tour­nable. Hier en­core à Rome, le Ro­che­lais a éta­lé tout son ta­lent. Il fran­chit, casse les pla­quages, fait des passes au contact et ce, pen­dant quatre­ vingts mi­nutes. Ah, et on n’ou­blie pas qu’il plaque aus­si sans re­lâche.

Cette pres­ta­tion ma­jus­cule, au cô­té d’un Pi­ca­moles in­dis­pen­sable aus­si, as­sure pour l’ins­tant une hié­rar­chie bien éta­blie en troi­sième ligne. Le jeune dé­bu­tant bri­viste San­con­nie n’a pas à rou­gir pour sa part de sa per­for­mance, mal­gré deux pe­tites fautes de mains. On de­vrait le re­voir, même si la concur­rence est sé­vère entre Ol­li­von, Chou­ly, Le Roux…

L’in­ef­fi­ca­ci­té sur les bal­lons

por­tés. Voi­là un sec­teur sur le­quel les Tri­co­lores ont en­core du bou­lot. Sur leurs touches, ils éprouvent beau­coup de dif­fi­cul­tés à en­clen­cher des mauls ef­fi­caces. Tout le contraire hier des Ita­liens, no­tam­ment en pre­mière pé­riode.

La pau­vre­té ita­lienne. On le re­dit, cette Squa­dra n’a pas les moyens, ac­tuel­le­ment, pour ri­va­li­ser dans le Tour­noi. 43 points en­cais­sés en moyenne par match, Pa­risse n’est qu’un arbre qui cache la fo­rêt. Cette équipe a confir­mé en plus qu’au­tour de l’heure de jeu, elle se re­trou­vait sur les ro­tules. Le rug­by ita­lien va de­voir trou­ver des so­lu­tions… et des joueurs.

À L’AISE. Bap­tiste Se­rin (ici au pre­mier plan) et Camille Lo­pez ont for­mé une char­nière ef­fi­cace, hier à Rome, face à des Ita­liens peu convain­cants.

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