Le PDG du Le­clerc de Thiers condam­né

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région Faits Divers - Jean-bap­tiste Le­dys

Stéphane Ja­cob a été condam­né à un an de pri­son avec sur­sis, 5.000 eu­ros d’amende et à payer un to­tal de 8.500 eu­ros au titre du pré­ju­dice mo­ral à quatre par­ties ci­viles.

À la co­lère et la souf­france des uns (presque tous an­ciens em­ployés) ré­pond la froi­deur et la ri­gi­di­té de l’autre. De­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Cler­mont­fer­rand, le 25 jan­vier, Stéphane Ja­cob, le PDG du Le­clerc de Thiers, de­vait faire face à neuf de ses sa­la­riés, qui se plaignent d’avoir été vic­times de har­cè­le­ment mo­ral.

La dé­ci­sion a été ren­due jeu­di : un an de pri­son avec sur­sis simple et 5.000 eu­ros d’amende, un to­tal de 8.500 eu­ros à ver­ser à quatre par­ties ci­viles au titre du pré­ju­dice mo­ral. Il a par ailleurs été re­laxé pour trois vic­times.

Propos déso­bli­geants, in­ju­rieux voire hu­mi­liants, sanc­tions dis­ci­pli­naires sans jus­ti­fi­ca­tion, ac­tions dis­cri­mi­nantes, chan­ge­ments d’ho­raires… De jan­vier 2012 au 31 dé­cembre 2015, la liste des griefs éta­blie par les em­ ployés ba­laye un panel très large.

Aux ques­tions du pré­sident, le pré­ve­nu peine à ré­pondre. Il parle des fuites au pla­fond, du car­re­lage des vestiaires, des fau­teuils des hô­tesses de caisse. Mais il s’ex­prime dif­fi­ci­le­ment sur sa re­la­tion avec les em­ployés de son ma­ga­sin. « J’ai une fa­çon sou­te­nue de dire les choses quand elles ne vont pas », avance­t­il pru­dem­ment. Les em­ployés, eux, évoquent leur souf­france. « Un jour, dans ce ma­ga­sin, il va y avoir un drame. Quel­qu’un va se foutre en l’air », pré­dit l’une des par­ties ci­viles. Ils dé­crivent les hur­le­ments conti­nuels de leur PDG, les in­ter­dic­tions de se dé­pla­cer ou de par­ler à leurs col­lègues, les mises à pied qui tombent, par­fois de ma­nière in­jus­ti­fiée…

Les anec­dotes rap­por­tées sont in­nom­brables et édi­fiantes. Mais tout ce­ci, se­lon l’avo­cate de la dé­fen­ se, ce sont des « lé­gendes que les plai­gnants af­firment et que per­sonne ne confirme ».

Une in­frac­tion dif­fi­cile à ca­rac­té­ri­ser

Pour­tant, l’ins­pec­tion du tra­vail, la mé­de­cine du tra­vail et la Carsat ont eux aus­si fait re­mon­ter leurs ob­ser­va­tions au su­jet de cette en­tre­prise.

« L’in­frac­tion de har­cè­le­ment mo­ral est as­sez dif­fi­cile à ca­rac­té­ri­ser en temps nor­mal, re­lève Do­mi­nique Mis­sion­nier, au mi­nis­tère pu­blic. Mais là, on a une telle ac­cu­mu­la­tion qu’il est dif­fi­cile de pas­ser des­sus. »

« Il ne s’agit pas d’une oeuvre glo­bale et com­mune. Vous de­vez ap­pré­cier si oui ou non, pour cha­cune des par­ties ci­viles, vous avez les élé­ments pour condam­ner mon client », pré­cise Me Sour­niès, avo­cate de la dé­fense. Elle dé­taille les ré­cri­mi­na­tions faites par les par­ties ci­viles, s’ap­puyant sur les ré­ponses ap­por­tées par son client. Mais elle ne peut em­pê­cher son client, au fi­nal, d’être condam­né.

RE­LA­TION. Le pré­ve­nu, PDG du Le­clerc de Thiers, évoque « une fa­çon sou­te­nue de dire les choses quand elles ne vont pas ».

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