Pas de bol ou pas de veine ?

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz Ga­vin’s Cle­mente Ruiz. Il est l’au­teur de J’y suis, j’y reste, une pe­tite an­tho­lo­gie des ex­pres­sions de notre his­toire (Albin Mi­chel), Les coups de foudre qui ont fait l’his­toire (La li­brai­rie Vui­bert) et Le Fin Mot des ex­pres­sions

Un de mes amis m’a gen­ti­ment en­voyé un mes­sage l’autre jour, en m’in­di­quant « Je viens de cas­ser un bol en le heur­tant à un coin de porte ». De là son in­ter­ro­ga­tion « quelle est donc l’ori­gine de l’ex­pres­sion « Pas de bol » ? Une ques­tion lé­gi­time ! Même si je doute vrai­ment de l’im­por­tance du­dit bol dans le sens ca­ché qui nous oc­cupe au­jourd’hui… Il faut cher­cher du cô­té de l’ar­got.

Ne pas avoir de bol, c’est ne pas avoir de chance ou – de fa­çon plus fa­mi­lière ou vul­gaire… de cul. On peut aus­si dire qu’on n’a pas de pot. Bol ou pot, c’est équi­valent. Au­tant de fa­çons de consta­ter un désar­roi face à une réa­li­té. On peut très bien s’en rendre compte tous les jours. À l’in­verse, on peut aus­si avoir du bol, être chan­ceux, avoir de la veine. Le mot marche dans les deux sens.

Alors d’où vient­il ? Eh bien là en­core, le vul­gaire re­fait sur­face : il semble qu’il faille voir la so­lu­tion dans la forme ronde du bol, qui pour­rait re­prendre celle de notre pos­té­rieur, et plus in­ti­me­ment en­core celle de notre ori­fice à cet en­droit ! Dans tous les cas, tout se ter­mine par là. Le bol se­rait sy­no­nyme de « cul » de­puis la moi­tié du XXE siècle et ne semble pas souf­frir de crise dans son usage, car même des pré­si­dents de la Ré­pu­blique l’uti­lisent en­core de nos jours.

« Pas de veine », par contre, fait ré­fé­rence à la géologie, et aux fi­lons dé­cou­verts par les cher­cheurs de pierres pré­cieuses ou même à ceux de ma­tière pre­mière utile comme le char­bon qui les creu­saient pour les ex­ploi­ter le plus pos­sible. Dans tous les cas, on re­marque que cette chance ou ce mal­heur res­tent bien liés à des conduits qu’il s’agit de ne pas trop per­tur­ber… Me reste à pré­ve­nir mon ami main­te­nant. À moins qu’il ne lise ces lignes !

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