Pa­role

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 Jours En Politique - Claude Lesme

Il l’avait af­fir­mé, les yeux dans les yeux, à Jean­jacques Bour­din (RMC), avant la pri­maire : « Si je suis mis en exa­men, je ne se­rai pas can­di­dat à la pré­si­den­tielle… ». C’était ha­bile car Fran­çois Fillon ne pen­sait ja­mais se re­trou­ver de­vant un juge, et c’était co­hé­rent avec le fa­meux « Qui ima­gine le gé­né­ral de Gaulle mis en exa­men ? ». Sui­vez mon re­gard…

Le can­di­dat de la droite n’avait rien in­ven­té. Il ne fai­sait que se confor­mer à la ju­ris­pru­dence Bé­ré­go­voy­bal­la­dur, inau­gu­rée par Ber­nard Ta­pie en 1993, obli­gé de dé­mis­sion­ner du mi­nis­tère de la Ville pour une mise en exa­men avant… de re­ve­nir blan­chi.

Après deux mois de Pe­ne­lo­pe­gate, Fran­çois Fillon a fi­ni par re­nier sa pa­ role pour­tant ré­ité­rée au dé­but de l’af­faire sur TF1. Mis en exa­men mar­di der­nier, il reste can­di­dat, at­ten­dant le « ju­ge­ment du peuple ». Mais ses dé­cla­ra­tions lui re­viennent comme un boo­me­rang. Au­de­là des soup­çons, c’est ce man­que­ment à la pa­role don­née qui a en­traî­né de nom­breuses dé­fec­tions comme celles de son di­rec­teur de cam­pagne, l’ef­fi­cace Pa­trick Ste­fa­ni­ni, ou de Bru­no Le Maire.

Les dé­gâts dans l’opi­nion sont consi­dé­rables. Pour Elabe, seuls 16 % des son­dés trouvent Fillon hon­nête et 20 % sin­cère. Quant à la presse étran­gère, elle est si­dé­rée qu’il soit tou­jours en course. Néan­moins, dans cette élec­tion dé­fri­sante, un bon dé­bat de­main, une cam­pagne qui im­prime en­fin et… le can­di­dat des Ré­pu­bli­cains ne se­rait pas ir­ré­mé­dia­ble­ment hors­jeu.

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