Le onze de France

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France Présidentielle - BER­NARD STÉ­PHAN ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

Pas plus, pas moins. Que n’at­on en­ten­du sur les ef­fets de la trans­pa­rence qui al­lait frei­ner les par­rains. Fi­na­le­ment, sur la ligne d’ar­ri­vée (ou de dé­part), ils sont onze. Ils étaient dix en 2012, douze en 2007, qua­torze en 2002, neuf en 1995 : une belle constance. Quant aux par­rains, 14.296 ont don­né leur si­gna­ture quand un peu plus de 44.000 ont ce pou­voir. Alors, il y a bien sûr des vic­times qui res­tent sur le bord du che­min. Ce sont des can­di­dats po­ten­tiels qui ont usé de cette qua­li­té pour bé­né­fi­cier du tam­bour mé­dia­tique, mais ils n’ont pas la­bou­ré le ter­rain. Leur échec est d’abord le ré­sul­tat de leur ab­sence de tra­vail.

La pre­mière le­çon montre que les pri­maires ont pro­cé­dé à une éli­mi­na­tion préa­lable. Mais pas au point de mettre en pré­sence un seul can­di­dat de droite et un seul de gauche face à Ma­rine Le Pen. C’était pour­tant l’ob­jec­tif ini­tial des pri­maires, in­ven­tées d’abord pour or­ga­ni­ser la contre­attaque face au FN. C’est plu­tôt ra­té, cette in­no­va­tion ayant eu pour pre­mier ef­fet d’éli­mi­ner les fa­vo­ris dans cha­cun des camps, sans em­pê­cher les can­di­dats hors pri­maires de se pré­sen­ter.

La se­conde le­çon de la pé­riode qui s’achève, c’est la concré­ti­sa­tion du slo­gan « sor­tez les sor­tants ». Ce que Jean­luc Mé­lan­chon ap­pelle le « dé­ga­gisme ». La plu­part des vieux rou­tiers de la po­li­tique ont été éli­mi­nés. Seul a sur­vé­cu Fran­çois Fillon, mais pour com­bien de temps ? Comme si les Fran­çais cou­raient deux lièvres à la fois qui ont pour noms le neuf et l’an­ti­sys­tème. L’un et l’autre illus­trés par Ma­cron d’une part et par Ma­rine Le Pen d’autre part.

Dé­sor­mais, la cam­pagne peut com­men­cer. En s’at­ta­chant aux pro­grammes et (en­fin) en évi­tant la pol­lu­tion des af­faires. Le pre­mier dé­bat, de­main, de­vrait lan­cer cette nou­velle phase, pro­ba­ble­ment sans sur­prise. Fran­çois Fillon va ten­ter d’être un « père la ri­gueur » ac­cep­table. Be­noît Ha­mon ex­ploi­te­ra son sillon de la po­li­tique de la de­mande. Ma­rine Le Pen se­ra d’abord sur le ter­rain iden­ti­taire. Em­ma­nuel Ma­cron s’ex­pri­me­ra sur le ré­ga­lien (dé­fense, sé­cu­ri­té), ter­rain où il est le moins connu. Et Jean­luc Mé­lan­chon dé­vi­de­ra son cre­do pour une VIE Ré­pu­blique et une ré­vo­lu­tion ci­toyenne.

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