Un fi­nal de dingue pour sor­tir de l’en­fer ! -Au Stade de France, Va­lé­ry Le­fort

Une fin de par­tie folle et ja­mais vue dans l’his­toire du rug­by !

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports -

La France grimpe sur la 3e marche du po­dium de ce Tour­noi 2017 à la fa­veur de son in­croyable suc­cès face aux Gal­lois. Une vic­toire ar­ra­chée après vingt mi­nutes d’arrêt de jeu !

Àquoi ce­la tient ? À vingt mi­nutes près ­ mais vingt mi­nutes d’an­tho­lo­gie ­ la France ne vou­drait plus un ko­peck ce ma­tin à la Bourse du rug­by mon­dial. Et l’his­toire, ja­mais à court d’iro­nie, au­rait re­te­nu que cet énième crack avait pris sa source au­près d’un dé­nom­mé... Half­pen­ny, au­teur de six pé­na­li­tés au ser­vice de sa Prin­ci­pau­té.

Mais le sport a ce­ci de beau, de ful­gu­rant qu’il ré­vèle par­fois des is­sues sor­ties des rêves les plus far­fe­lus. Hier, au Stade de France, on a joué 99 mi­nutes et 55 se­condes jus­qu’à l’es­sai sal­va­teur de Chou­ly, même si le pu­blic a long­temps cru que Chat s’était fau­fi­lé par le seul et unique trou de sou­ris lais­sé libre par le mur rouge gal­lois.

Avant ce­la, et jus­qu’à la 78e mi­nute de jeu, les Fran­çais avaient été as­sez fi­dèles à leur ré­pu­ta­tion du mo­ment. Du cou­rage, de bonnes choses (un pre­mier quart d’heure en­fin consis­tant), mais aus­si de moins af­frio­lantes que la sé­vé­ri­té par­fois com­pul­sive de M. Barnes au sif­flet n’avait d’ailleurs pas ar­ran­gée.

Ce ré­cit trop long­temps vu et re­vu avait ain­si conduit les Bleus à ne sur­tout pas dé­mé­ri­ter, mais à ve­nir mou­rir quand même à pe­tit feu sur la botte du Tou­lon­nais Half­pen­ny, peu avare d’une in­so­lente réus­site au pied (100 %). À 13­18, la guerre sem­blait bel et bien per­due.

Avec, pour co­rol­laire une nou­velle et cin­glante cin­quième place au clas­se­ment eu­ro­péen juste de­vant le per­pé­tuel cer­cueil ita­lien, la co­lère ta­pa­geuse à ve­nir de Ber­nard La­porte, les cris­pa­tions de la FFR contre un staff qu’elle n’a pas choi­si, et tout un ci­né­ma bien de chez nous qui n’au­rait rien ar­ran­gé à une opé­ra­tion re­lance dé­jà suf­fi­sam­ment com­pli­quée comme ce­la...

Oui mais voi­là, des hommes ont pris le des­sus. « Ce n’est pas le pro­jet de jeu mais le ca­rac­tère et la vo­lon­té qui ont ga­gné ce soir », a no­ble­ment avoué No­vès pour sa­luer la per­for­mance et la prise en charge de ses joueurs du­rant cette ahu­ris­sante ral­longe de temps sans équi­valent.

Car il fal­lait les avoir sa­cré­ment ac­cro­chés pour ne pas perdre le fil et les nerfs alors que mê­lée gal­loise après mê­lée gal­loise tom­bée, M. Barnes s’échi­nait à ne pas poin­ter l’es­sai de pé­na­li­té. Les Bleus au­raient pu jouer jus­qu’au pe­tit ma­tin que l’ar­bitre n’au­rait d’ailleurs pas lâ­ché la guillo­tine. Non, il fal­lait en pas­ser par le jeu et la fu­reur de sur­vivre.

Con­tris, les Gal­lois ont dé­non­cé après coup le rem­pla­ce­ment d’ato­nio par Sli­ma­ni. L’en­ca­dre­ment du XV de France a sor­ti l’in­dis­cu­table via­tique du mé­de­cin qui a confir­mé une com­mo­tion cé­ré­brale. Voi­là pour l’his­toire dans l’his­toire.

Mais on re­tien­dra sur­tout qu’avec cette vic­toire ve­nue d’ailleurs, No­vès s’est ache­té du temps. Le temps, c’est si pré­cieux. Même si par­fois vingt mi­nutes suf­fisent...

Fé­mi­nines. L’équipe de France s’est lo­gi­que­ment im­po­sée contre le pays de Galles (39-19), hier soir, à Brive, en clô­ture du Tour­noi. Elles fi­nissent à la 3e place der­rière l’an­gle­terre et l’ir­lande.

« C’est le ca­rac­tère et la vo­lon­té qui ont ga­gné » (No­vès)

DÉ­LI­VRANCE. M. Barnes ac­corde en­fin un es­sai aux Fran­çais après 20 mi­nutes d’ar­rêts de jeu. Chou­ly vient de mar­quer l’es­sai sal­va­teur qui per­met aux Bleus de s’im­po­ser.

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