Ces pe­tites bêtes de prin­temps

Le prin­temps marque l’ar­ri­vée re­dou­tée des pu­ce­rons, fre­lons asia­tiques et che­nilles pro­ces­sion­naires. Sans ou­blier les rats qui aiment se re­pro­duire. Des pe­tites bêtes très em­bê­tantes au quo­ti­dien.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Fa­brice Re­don fa­brice.re­don@cen­tre­france.com

Si vous avez je­té un coup d’oeil à vos ro­siers, vous avez sans doute ob­ser­vé quelques pu­ce­rons verts sur la pointe des tiges. La lutte s’an­nonce ar­due contre l’in­secte. Il n’est pas le seul, au prin­temps, à cau­ser du tra­cas. 1

Le fre­lon asia­tique : c’est la faute des re­pro­duc­trices. Grand pré­da­teur de nos abeilles, le fre­lon asia­tique à pattes jaunes est ap­pa­ru en France dans les an­nées 2000. De­puis, il s’est éten­du inexo­ra­ble­ment.

À qui la faute ? Aux reines re­pro­duc­trices qui, à l’ap­proche de l’hi­ver, vont se ni­cher dans des ca­vi­tés où elles trouvent la tem­pé­ra­ture né­ces­saire à leur sur­vie. « Elles se cachent et elles res­sortent en mars », ré­sume le Mont­lu­çon­nais Ro­bert La­fa­ne­chère à la tête d’une as­so­cia­tion de lutte contre le fre­lon asia­tique. En 2016, elle a ré­per­to­rié une cin­quan­taine de nids dans la ré­gion.

Par­mi tous les pièges exis­tants, Ro­bert La­fa­ne­chère conseille « la bou­teille d’eau d’un litre et de­mi, sus­pen­due par le gou­lot ». Avec un li­quide par­ti­cu­lier à l’in­té­rieur : de la bière brune ! « C’est as­sez ef­fi­cace. » 2

La che­nille pro­ces­sion­naire s’at­taque au cy­près. C’est le mo­ment pour cet in­secte qui est la larve d’un pa­pillon de nuit de quit­ter son co­con blanc per­ché dans les arbres. La che­nille tient son nom au fait qu’elle se dé­place sou­vent en groupe, à la queue leu leu, la file pou­vant faire jus­qu’à quatre mètres de long !

Ur­ti­cante, elle aime bien ni­cher dans les pins. Mais pas seule­ment. « Nous fai­ sons de plus en plus d’in­ter­ven­tions sur les chênes, pré­vient Pierre La­my. Au­jourd’hui, elle s’at­taque au cy­près. C’est un in­secte qui s’adapte très fa­ci­le­ment. »

Ins­tal­lé à Bel­le­rive­surAl­lier, le pro­fes­sion­nel es­time qu’il ne sert à rien de re­ti­rer les nids. « Vous avez seule­ment 60 % des che­nilles. Nous, on traite avec un ca­non qui pul­vé­rise entre quinze et vingt mètres de hau­teur. C’est une bac­té­rie qui donne la gas­tro et l’em­pêche de gros­sir. »

Plus éco­lo­gique mais moins pro­duc­tive, la mé­sange peut aus­si faire le tra­vail. « Pour elle, la che­nille, c’est du ca­viar. » 3

Le pu­ce­ron se nour­rit de la sève. Ceux qui pensent que la cha­leur et une bonne pluie fa­vo­risent sa pro­li­fé­ra­tion se trompent. « Le pu­ce­ron se nour­rit de la sève. Plus l’arbre ou la plante se dé­ve­loppe vite, plus il pro­li­fère », ex­plique Tho­mas Du­mas, ar­bo­ri­cul­teur bio à Saint­vic­tor, près de Montluçon.

Pour évi­ter les mau­vaises sur­prises, il faut donc évi­ter de nour­rir abon­de­ment ses ro­siers ou ses frui­tiers et faire des tailles douces. « Les vieux pom­miers qui n’ont pas beau­coup de crois­sance sont ra­re­ment at­ta­qués. »

En pré­ven­tif, Tho­mas Du­mas pré­co­nise un trai­te­ment à base de pro­duits hui­leux, l’hi­ver. À l’ar­ri­vée des pre­miers pu­ce­rons, un coup de jet peut suf­fire. « On peut aus­si les en­le­ver à la main. »

Le pire in­ter­vient quand les feuilles des ce­ri­siers com­mencent à s’en­rou­ler. Un cham­pi­gnon s’ins­talle et les feuilles de­viennent noires. Là, il faut trai­ter. Pro­blème, on risque de tuer des pré­da­teurs du pu­ce­ron comme la mouche aux yeux d’or ou la larve de coc­ci­nelle.

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