« Le Prin­temps, un des fes­ti­vals les plus am­bi­tieux de France »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ber­trand Phi­lippe ber­trand.phi­lippe@cen­tre­france.com

Bo­ris Ve­del, pa­tron du Prin­temps de Bourges, place sa mis­sion sous le signe de la nouveauté et de l’in­no­va­tion. Avec un re­gard eu­ro­péen.

Dans son bu­reau, Bo­ris Ve­del est dé­ten­du, jouant vo­lon­tiers à faire cli­gno­ter son badge co­lo­ré du Prin­temps.

Il est néan­moins pru­dent sur la pro­gram­ma­tion de cette édi­tion « parce qu’elle n’est pas pas­sée. Ce­la étant, ça se met en place. Après une pre­mière an­née de di­rec­tion et une deuxième an­née d’or­ga­ni­sa­tion com­plète, je me rends compte qu’il me fau­dra plu­sieurs an­nées pour écrire le re­nou­veau du Prin­temps ».

« Les Inouïs sont le coeur du fes­ti­val »

« Le Prin­temps de Bourges, pour­suit­il, est l’un des fes­ti­vals les plus am­bi­tieux et les plus com­plexes de France. Pour les pro­je­ter dans le chan­ge­ment, je dis tou­jours aux équipes que la lec­ture du fes­ti­val a évo­lué au fil du temps. Par exemple, les Inouïs sont le coeur du fes­ti­val et beau­coup, même nos par­te­naires, ne s’en rendent pas compte, les connaissent très peu. » C’est pour­tant les Inouïs, dit un peu plus tard le pa­tron du Prin­temps, « que les pro­fes­sion­nels viennent voir ».

Les pu­blics. Quand il parle du Prin­temps de Bourges, Bo­ris Ve­del évoque deux uni­vers. « Le pre­mier, c’est ce­lui du pu­blic. D’abord, les 5.000 pros qui font de Bourges le pre­mier ren­dez­vous des pro­fes­sion­nels en France. Il y a en­suite le pu­blic payant qui ré­pond à une ré­flexion ar­tis­tique, al­lant de Re­naud aux Inouïs, en pas­sant par la Co­mé­die fran­çaise. Et il y a en­fin le pu­blic gra­tuit, car c’est une fête po­pu­laire sur des hec­tares mu­ni­ci­paux gra­tuits qu’il faut ren­for­cer, en­ri­chir… De­puis deux ans, la ma­jeure par­tie de mon temps a été consa­crée à ces es­paces. »

Les rayon­ne­ments. Le deuxième uni­vers du Prin­temps, c’est son rayonnement. À l’in­ter­na­tio­nal tout d’abord, qui amè­ne­ra une ini­tia­tive com­mune du Prin­temps, du Ree­per­bahn de Ham­bourg (Al­le­magne), du Great Es­cape de Brigh­ton (An­gle­terre) et de l’eu­ro­so­nic de Gro­nin­gen (Hol­lande) à faire une confé­rence com­mune. « Notre point com­mun, note Bo­ris Ve­del, est d’être des fes­ti­vals qui ne sont pas dans une ca­pi­tale. Ce qui fait que les pros qui viennent sont to­ta­le­ment dis­po­nibles, com­plè­te­ment dé­diés à la ren­contre des autres. À Bourges, par exemple, tout l’éco­sys­tème pro­fes­sion­nel est là. »

Cô­té rayonnement na­tio­nal, « à nous de gar­der notre pre­mière place, avec les pro­gram­ma­tions, et les Inouïs pour les pros ».

Le rayonnement ter­ri­to­rial, en re­vanche, était en berne : « Je trouve, sou­ligne Bo­ris Ve­del, que le fes­ti­val tour­nait un peu le dos à sa ville et à son ter­ri­toire. Fran­çois Bon­neau, pré­sident de la ré­gion, m’a dit sou­hai­ter voir le Prin­temps da­van­tage ins­crit dans la po­li­tique cultu­relle de la ré­gion. »

Nou­veaux lieux. Cette prise de conscience a pous­sé le pa­tron du Prin­temps à in­ ves­tir de nou­veaux lieux. Ce se­ra le cas de l’hô­tel Lal­le­mant et du mu­sée Es­tève (Hô­tel des Éche­vins), pour des concerts. À pas­ser un par­te­na­riat avec la Mai­son de la Culture, dont les ate­liers par­ti­cipent à la dé­co­ra­tion ; à re­pen­ser to­ta­le­ment la place Sé­rau­court pour en faire « une vé­ri­table en­trée du fes­ti­val » ; à créer un nou­vel es­pace, la Prai­rie, grand chapiteau en bam­bou pour jouer les night­clubs ; à agran­dir l’es­pace par­te­naire, la Belle Île, sur la Trouée verte ; à faire en sorte que l’es­pace Pro « re­de­vienne un es­pace de tra­vail, ou les pros au­ront un open space avec prises élec­triques, tables, sa­lons, wi­fi » ; et même à in­ves­tir la halle au Blé pour le hi­phop, « nou­velle salle dé­diée aux mu­siques ac­tuelles ».

La place Sé­rau­court. Voi­là pour l’ac­tua­li­té, avec la vo­lon­té, in­siste Bo­ris Ve­del, « que les Ber­ruyers soient fiers de leur fes­ti­val, fiers de leur fête, où qu’ils soient, avec un Prin­temps dont l’es­pace de convi­via­li­té et de spec­tacle, sur la place Sé­rau­court of­fri­ra de nou­velles scènes, de nou­veaux sites, un che­mi­ne­ment de lu­mières nou­veau ».

An­ti­ci­pa­tion. Quant à l’ave­nir, une ini­tia­tive bap­ti­sée Ren­dez­vous de­main per­met­tra aux pro­fes­sion­nels des ren­con­trer des scien­ti­fiques et des cher­cheurs pour ré­flé­chir sur l’an­ti­ci­pa­tion. « Cette an­née, confie le di­rec­teur, le thème en se­ra l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle. »

Reste à at­tendre le mar­di 18 avril, tan­dis que Bo­ris Ve­del conclut : « Le Prin­temps, c’est l’ac­tua­li­té : cette an­née, 70 % des ar­tistes jouent sur leur pre­mier al­bum. »

« À nous de gar­der la pre­mière place »

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