Une vie à re­cons­truire

Une chance mi­nus­cule, c’est le coup de dés qui per­met à une exis­tence de bas­cu­ler de l’ombre à la lu­mière.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Rémi Bon­net re­mi.bon­net@cen­tre­france.com Une chance mi­nus­cule.

Elle s’ap­pelle Ma­ry Lo­han. Elle a l’air d’une quin­qua­gé­naire amé­ri­caine ty­pique, sans as­pé­ri­tés… Mais chaque exis­tence contient son lot de drames per­son­nels.

Ce per­son­nage, sor­ti de l’ima­gi­na­tion de la ro­man­cière ar­gen­tine Clau­dia Piñei­ro, c’est un peu le sym­bole de toutes ces vies bri­sées qui vé­gètent dans le noir en at­ten­dant en­fin de re­trou­ver la lu­mière.

Dans Une chance mi­nus­cule, Ma­ry part sur les traces de celle qu’elle a été vingt ans plus tôt. Elle s’ap­pe­lait alors Ma­ri­lé, vi­vait dans son Ar­gen­tine na­tale, avec ma­ri et en­fant. Avant de de­voir tout pla­quer.

On la voit dé­am­bu­ler dans les rues de sa ville na­tale, mais elle ne re­con­ naît rien, les per­sonnes qu’elle cô­toyait ja­dis ne la re­con­naissent plus… Elle avait tout an­ti­ci­pé, sauf ça : se sen­tir une étran­gè­ re chez soi. Et tout de suite, de nom­breuses ques­tions viennent à l’es­prit : peut­on re­mon­ter le temps pour ré­pa­rer ce qui a été bri­sé, se re­cons­truire, se ré­im­plan­ter quelque part, alors qu’on est com­plè­te­ment dé­ra­ci­né, comme hors sol ?

Se sen­tir comme une étran­gère chez soi

La ré­ponse, semble dire l’écri­vain, est avant tout per­son­nelle, mais Clau­dia Piñei­ro en fait une quête uni­ver­selle.

Entre des mains moins scru­pu­leuses, cette his­toire au­rait pu tom­ber dans le mé­lo, et ti­rer des larmes peu hon­nêtes. Mais l’au­teur avance avec une grande pu­deur, re­cons­ti­tuant pe­tit à pe­tit les frag­ments d’une exis­tence épar­pillée en mille mor­ceaux. Bou­le­ver­sant.

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