Maud Tabachnik, po­lar, bar­ba­rie et an­thro­po­pha­gie

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Jean-marc Laurent jean-marc.laurent@cen­tre­france.com

Après avoir ex­plo­ré pen­dant vingt ans les vio­lences de la so­cié­té amé­ri­caine, Maud Tabachnik a en­tre­pris de son­der la bru­ta­li­té de la Rus­sie post­com­mu­niste. Dans Dan­ser avec le diable (Al­bin Mi­chel 2015), elle s’était ins­pi­rée de l’oli­garque russe Bo­ris Be­re­zovs­ky pour la traque d’un psy­cho­pathe. Dans son nou­veau po­lar qui sort de­main chez De Bo­rée (groupe Centre France), L’im­pos­sible dé­fi­ni­tion du mal, elle aus­culte la per­son­na­li­té du se­rial killer can­ni­bale An­dreï Tchi­ka­ti­lo, au­teur de 56 meurtres, qui dé­vo­rait ses vic­times, ar­rê­té après 12 ans de chasse. Maud Tabachnik ima­gine les deux der­nières bar­ba­ries de ce se­rial killer par­fai­te­ment in­té­gré dans la so­cié­té provinciale russe pas mal cor­rom­pue et sa traque à tra­vers les grands es­paces du pays sur fonds de re­la­tions po­li­tiques rus­so­tchét­chènes et d’at­ten­tats islamistes. Maud Tabachnik fait ra­con­ter son in­trigue al­ter­na­ti­ve­ment par trois per­son­nages : un té­moin, le chauf­feur serbe You­ry com­plice d’un tra­fic de femmes slaves ; le flic ash­ké­naze Vik­tor Braun­stein qui mène l’en­quête ; et le tueur an­thro­po­phage lui­même. D’un th­riller à l’autre, cette maître du sus­pense af­firme sa patte ori­gi­nale et son ob­ses­sion de dé­non­cer la bar­ba­rie hu­maine dans le pay­sage du po­lar fran­çais. « Le po­lar est le genre idéal pour dire les maux de nos so­cié­tés », confie­t­elle.

Maud Tabachnik, De Bo­rée, 336 p 19,90€.

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