« Les capes sans les titres, ce­la ne sert pas à grand-chose »

Soixan­tième en Coupe d’eu­rope pour Mor­gan Par­ra face aux Tou­lon­nais, cet après­mi­di (16 h 15)

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports rugby - Jean-fran­çois Nu­nez

Au­ré­lien Rou­ge­rie fête au­jourd’hui sa 400e en « jaune et bleu ». Plus mo­des­te­ment, Mor­gan Par­ra ho­nore sa soixan­tième cape eu­ro­péenne, cet après-mi­di, face à Tou­lon.

Le de­mi de mê­lée cler­mon­tois n’a pas at­ten­du les chiffres pour de­ve­nir un rouage es­sen­tiel, ce­lui dont on coche d’of­fice le nom dans un XV de dé­part. Mais les sta­tis­tiques ne l’in­té­ressent pas. Pas celle­là. En re­vanche, une autre l’in­ter­pelle da­van­tage et ti­tille sa mo­ti­va­tion avant ce quart de fi­nale de Coupe d’eu­rope face à Tou­lon.

« Je ne suis pas vrai­ment sen­sible aux chiffres, tranche ain­si le de­mi de mê­lée. La vé­ri­té, c’est que ce­la fait donc soixante matchs, mais avec zéro titre au bout. Si tu as beau­coup de capes sans avoir les titres, ce­la ne sert pas à grand­chose, aus­si bien en équipe de France qu’en Coupe d’eu­rope d’ailleurs. Je re­tiens sur­tout que sur les soixante matchs eu­ro­péens, je n’ai rem­por­té au­cun titre ». Comme un vide à com­bler.

Ce n’est pas faute d’avoir es­sayé, de­puis son bap­tême du feu face à Lei­ces­ter sous les cou­leurs de Bour­goin, il y a dix ans mainte­ nant. Le de­mi de mê­lée cler­mon­tois a ain­si dis­pu­té trois fi­nales conti­nen­tales, aus­si bien sous les cou­leurs du CSBJ (2009) en Chal­lenge, qu’avec le maillot de L’ASM (2013 et 2015) en Coupe.

Re­ce­voir met aus­si plus de pres­sion

Il faut d’abord écar­ter ces Tou­lon­nais dans un match qui fait énor­mé­ment sa­li­ver les ac­teurs. « On s’en­traîne pour vivre de tels ren­dez­vous, avoir la chance de jouer dans un stade plein face à l’une des plus belles équipes d’eu­rope, in­siste Mor­gan Par­ra. Ce­la reste deux grosses équipes et je suis per­sua­dé que ce­la don­ne­ra un gros match, avec une am­biance qui se­ra éga­le­ment au ni­veau, ici, chez nous ». Un grand mo­ment de rugby à par­ta­ger avec les siens, dans un stade à gui­chets fer­més, pour ce­lui qui reste l’un des chou­chous du Mi­che­lin, un élé­ment sou­vent ci­blé, par­fois gros­siè­re­ment, par l’ad­ver­saire au mo­ment de dé­ré­gler l’un des rouages d’une mé­ca­nique bien hui­lée. Re­ce­voir reste un avan­tage in­dé­niable, mais ce­la met aus­si un peu plus de pres­sion sur les épaules des Cler­mon­tois.

« Ce­la reste deux équipes, à quinze contre quinze, mais c’est vrai que l’ap­port du pu­blic qui nous pousse dans les mo­ments dif­fi­ciles, qui peut nous ai­der à sor­tir la tête de l’eau quand c’est com­pli­qué est im­por­tant. J’es­père quand même qu’il n’y au­ra pas de mo­ments com­pli­qués. Ce se­ra plus fa­cile d’avoir une grande fête comme ça ». Et de faire un pas de plus vers un titre.

STYLE. Mor­gan Par­ra ne s’en­gage ja­mais à moi­tié. Le de­mi de mê­lée ne re­chigne pas à s’ex­po­ser pour at­ta­quer la ligne et mettre son équipe dans l’avan­cée. PHOTO FRED MARQUET

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