L’école nor­male prend ses marques Pierre-ga­briel Gon­za­lez pgg@wa­na­doo.fr

His­toire de l’éta­blis­se­ment dé­dié à la for­ma­tion des ins­ti­tu­trices

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Clermont vivre sa ville - A lire di­manche pro­chain. La suite de l’his­toire de l’école Nor­male d’ins­ti­tu­trices de Cler­mont.

En 1888, après plus de cin­quante an­nées d’at­tente, Cler­mont ac­cueille un éta­blis­se­ment de for­ma­tion dé­dié aux ins­ti­tu­trices. Dres­sée donc, seule, à flanc de mon­tée, ave­nue du Puy-de-dôme, l’école offre le plein air, l’es­pace, les meilleures condi­tions d’hy­giène et le calme pro­pice à l’étude.

Vers 1890, un pro­me­neur qui se­rait par­ti du pla­teau cen­tral pour se rendre à l’école Nor­male d’ins­ti­tu­trices, ave­nue du Puy­de­dôme, l’au­rait sans doute trou­vée fort éloi­gnée.

Nous l’avons vu di­manche der­nier, dans La Mon­tagne ,à cette époque, le Con­seil gé­né­ral du Puy­de­dôme sou­haite ins­tal­ler la nou­velle école dans un lieu sain et aé­ré. Il y par­vient. L’école est sé­pa­rée de la ville par une large éten­due de vignes et par la longue bande de jar­dins ma­raî­chers en bor­dure de la Ti­re­taine que des­sine, de loin, une ligne de hauts peu­pliers.

La cein­ture des bou­le­vards n’est pas en­core tra­cée et les usines de ca­ou­tchouc de la mai­son Ber­gou­gnan n’étant qu’à l’aube de leur essor, pra­ti­que­ment au­cune mai­son ou­vrière, au­cune construc­tion bour­geoise ne se si­tue dans les en­vi­rons im­mé­diats… L’école Nor­male d’ins­ti­tu­trices se dresse donc, seule, à flanc de mon­tée, of­frant à celles et ceux qui y vivent, avec le plein air, l’es­pace, les meilleures condi­tions d’hy­giène et le calme pro­pice à l’étude.

Une inau­gu­ra­tion le 30 août 1888

Dans le vaste parc qui en­toure l’école, des plan­ta­tions se mul­ti­plient. Mais comme la na­ture édi­fie plus len­te­ment que les hommes, pen­dant des an­nées, tilleuls, aca­cias, bou­leaux ar­gen­tés, sa­pins, ont des fron­dai­sons suf­fi­sam­ment basses pour que la vue de­meure en­tière sur une ci­té cler­mon­toise loin­taine, bien ras­sem­blée au­tour de sa ca­thé­drale.

Les tra­vaux com­men­cés en 1886 durent deux an­nées. L’inau­gu­ra­tion a lieu as­sez so­bre­ment le 30 août 1888 en pré­sence du Pré­fet, du Rec­teur et de membres du Con­seil Gé­né­ral. « Le Mo­ni­teur » du 1er sep­ tembre donne la re­la­tion sui­vante : « M. Ca­mut, ar­chi­tecte, a re­çu les vi­si­teurs et leur a pré­sen­té ses col­la­bo­ra­teurs. M. le Pré­fet l’a tout d’abord fé­li­ci­té de la belle or­don­nance ar­chi­tec­tu­rale de l’école et l’a com­pli­men­té d’avoir aus­si bien su ré­pondre aux at­tentes de l’as­sem­blée dé­par­te­men­tale ».

À l’in­té­rieur de l’éta­blis­se­ment cha­cun ad­mire les bonnes dis­po­si­tions prises par cet émi­nent ar­chi­tecte pour l’éclai­rage, l’aé­ra­tion, l’amé­na­ge­ment et la dé­co­ra­tion des salles. De l’avis gé­né­ral, l’école Nor­male d’ins­ti­tu­trices de Cler­mont est ap­pe­lée à de­ve­nir un lieu adap­té où les élèves­maî­tresses trouvent tout le confort ima­gi­nable ­ à cette époque ­ dans un en­semble ar­chi­tec­tu­ral sain et vaste.

Le pré­fet pour­suit : « Les dor­toirs sont très bien agen­cés, les classes, les études, les la­bo­ra­toires, les salles de bains, les ré­fec­toires, les ves­ti­bules, les préaux, tout est or­ga­ni­sé et dé­co­ré avec goût. Pour clore son in­ter­ven­tion, le re­pré­sen­tant de l’état ne mé­nage pas ses fé­li­ci­ta­tions aux dif­fé­rents in­ter­ve­nants : « L’oeuvre est com­plète et bien réus­sie, ce ma­gni­fique éta­blis­se­ment fait le plus grand hon­neur au dé­par­te­ment du Puy­de­dôme ». À la pre­mière ren­trée, le 1 oc­tobre 1888, l’école compte 54 élèves. Aux vingt­deux élèves de l’an­cien éta­blis­se­ment de la rue Beau­re­gard s’en sont ajou­tées d’autres, re­cru­tées par le moyen de trois con­cours suc­ces­sifs et de dif­fé­rents de­grés : deux ins­ti­tu­trices entrent en 3 an­née, une ins­ti­tu­trice et sept élèves de l’école pri­maire su­pé­rieure de Cler­mont en 2e an­née et vingt et une élèves en 1re an­née. Dès lors, et pen­dant quinze ans, l’ef­fec­tif ne connaît guère de va­ria­tions et os­cille entre 40 et 50 élèves par an.

PHO­TO DR

PERS­PEC­TIVE. La cour d’hon­neur vers 1900.

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