Mé­pris

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 jours en politique - Claude Lesme

Faute d’avoir abor­dé, suf­fi­sam­ment, le fond quant aux at­tentes des Fran­çais con­cer­nant la pré­si­den­tielle, le mé­rite du dé­bat à onze de mar­di, qui res­te­ra unique, au­ra au moins obli­gé les « grands » can­di­dats à re­des­cendre sur terre. Loin « des pu­deurs de ga­zelles » de l’émis­sion en cercle fer­mé à cinq de TF1, Phi­lippe Pou­tou a mis les pieds dans le plat et abor­dé les « af­faires ».

L’ou­vrier de chez Ford près de Bor­deaux ne s’est pas em­bar­ras­sé de la pré­somp­tion d’in­no­cence pour « ali­gner » Fran­çois Fillon ou « mou­cher » Ma­rine Le Pen ren­voyée au coeur du sys­tème pour le­quel elle n’a pas de mots as­sez durs dans ses mee­tings avec le dé­sor­mais fa­meux : « Nous, on n’a pas l’im­mu­ni­té ou­vrière… »

La te­nue et le lan­gage du can­di­dat NPA ont été poin­tés du doigt dans un ré­flexe de classe par de nom­breux com­men­ta­teurs qui n’ont pro­ba­ble­ment pas vu d’ou­vrier de­puis long­temps. Dé­jà mo­qué dans l’émis­sion de Ru­quier, Phi­lippe Pou­tou n’a fi­na­le­ment te­nu que des pro­pos en­ten­dus tous les jours dans la France or­di­naire.

Cette morgue so­ciale a en­core ac­cen­tué le sen­ti­ment de frac­ture entre le peuple et les élites po­li­tiques et plon­gé un peu plus dans le brouillard cette élec­tion à l’is­sue tel­le­ment in­cer­taine. Néan­moins, il est un peu na­vrant après quatre heures de dé­bat de ne re­te­nir que la phrase­culte de Pou­tou qui ra­mène à l’émo­tion et au buzz comme dans la té­lé­réa­li­té et qui fait pas­ser aux pertes et pro­fits l’es­sen­tiel : l’em­ploi, la dette, les dan­gers du monde…

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