L’en­fer du Nord sous le so­leil

Dé­part de la 115e édi­tion, au­jourd’hui à 11 h 10

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports l'actu nationale -

L’en­fer du Nord se pare de so­leil au­jourd’hui pour la 115e édi­tion de Pa­ris-rou­baix, qui offre au Belge Tom Boo­nen l’ul­time oc­ca­sion de de­ve­nir l’unique dé­ten­teur du re­cord des vic­toires dans la « reine des clas­siques », au­then­tique mo­nu­ment du sport.

Hors normes, Pa­risRou­baix l’est pour maintes rai­sons. Par sa dif­fi­cul­té ex­trême, sa sau­va­ge­rie à peine tem­pé­rée par les pré­vi­sions mé­téo qui an­noncent du très beau temps (et beau­coup de pous­sière !) entre Com­piègne et le vé­lo­drome nor­diste, ses ca­prices de vieille « reine » plus que cen­te­naire.

« C’est une course où il faut tout ac­cep­ter. On sait avant de ve­nir que ça peut mal se pas­ser même si on a tout bien fait », sou­ligne Marc Ma­diot, double vain­queur de­ve­nu ma­na­ger de l’équipe d’ar­naud Dé­mare (sans doute la meilleure chance fran­çaise au­jourd’hui avec le vé­té­ran Syl­vain Cha­va­nel). Ac­cep­ter même l’in­jus­tice, la chute ou la cre­vai­son frap­pant les plus mal­adroits ou les moins forts qui optent pour les bas­cô­tés pié­geux pour évi­ter les in­fer­nales vi­bra­tions des pa­vés. Ou la simple mal­chance.

Pe­ter Sa­gan, si fort, si adroit, l’avait éprou­vé à ses dé­pens l’an pas­sé. Comme tant de cou­reurs avant lui, tant il est vrai que nul ne se pré­sente avec trop de cer­ti­tudes au dé­part des 257 ki­lo­mètres, la dis­tance de cette édi­tion.

Douze mois plus tard, le Slo­vaque de Bo­ra, tou­jours ceint du maillot arc­en­ciel, re­vient dans la course qu’au­cun cham­pion du monde en titre n’a rem­por­tée de­puis Ber­nard Hi­nault en 1981.

Le pla­teau, en­ri­chi par la pré­sence d’autres pré­ten­dants, le Belge Van Aver­maet (BMC), l’al­le­mand John De­gen­kolb (Trek), le Nor­vé­gien Alexan­der Kris­toff (Ka­tu­sha) et le tri­dent de l’équipe Sky (Rowe, Stan­nard, Mos­con), fait sa­li­ver. « On peut rê­ver d’un grand Pa­ris­rou­baix », se fé­li­cite le di­rec­teur du Tour, Ch­ris­tian Prud­homme, qui dé­signe évi­dem­ment Quick­step comme équipe à battre.

Su­pé­rieure col­lec­ti­ve­ment di­manche der­nier, le groupe de Boo­nen dé­tient les clés. Avec tant de vainqueurs po­ten­tiels (Terps­tra, Sty­bar, Lampaert), la for­ma­tion belge si sou­vent vic­to­rieuse à Rou­baix a les moyens de dy­na­mi­ter très tôt la course. Avant Aren­berg, la cé­lèbre trouée à plus de 90 ki­lo­mètres de l’ar­ri­vée ? Ou plus près, sur l’un des (29) sec­teurs pa­vés qui re­pré­sentent un to­tal de 55 ki­lo­mètres ?

« La tac­tique est tou­jours la même », ré­pète Boo­nen. « Nous ne vou­lons pas su­bir la course mais la prendre en main. » Le Belge, qui dé­pas­se­rait son com­pa­triote Ro­ger De Vlae­minck au pal­ma­rès en cas d’une cin­quième vic­toire, n’a plus que six heures et quelques mi­nutes de vé­lo de­vant lui.

En plai­san­tant, il s’est pro­je­té sur la suite : « Lun­di, j’au­rai sans au­cun doute la plus grande gueule de bois de ma car­rière ! »

PAL­MA­RÈS. Tom Boo­nen, quatre vic­toires en 14 par­ti­ci­pa­tions, es­père ter­mi­ner sa car­rière sur un cin­quième suc­cès.

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