Che­val­lier fait ca­va­lier seul

L’hu­mo­riste pu­blie des chro­niques et se lance dans un one­man­show

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Septième jour - Flo­rence Ché­do­tal flo­rence.che­do­tal@cen­tre­france.com

Ce­la fait des an­nées qu’il noir­cis­sait des car­nets avec de pe­tites ré­flexions quo­ti­diennes sur les gens, sur nos ma­nies, sur la pla­nète, les ca­deaux de Noël ou les se­crets de beau­té ca­pil­laire de Clau­dia Schif­fer. Phi­lippe Che­val­lier, l’aco­lyte de Las­pa­lès, pu­blie quelques chro­niques.

Une se­maine que ça dure… Il va cra­quer. « Mon voi­sin fait des tra­vaux », ar­ti­cu­let­il afin de li­vrer ba­taille aux per­ceuses qui vibrent en toile de fond. « C’est in­sup­por­table… Mais pour­quoi les gens achètent­ils des ap­par­te­ments qui ne leur plaisent pas ? On de­vrait édi­ter une loi pour n’au­to­ri­ser que les tra­vaux de pein­ture ou de mo­quette ! ». D’ailleurs, ça lui don­ne­rait bien une nou­velle idée de ch­ro­nique.

Pour l’heure, Phi­lippe Che­val­lier vient de pu­blier un pre­mier re­cueil de « chro­niques dro­la­tiques (en­fin j’es­père) » Les Fran­çais et moi (Flam­ma­rion), où il touche à tous les su­jets qui lui passent par la tête, que ce soit sa gaffe lors d’un cock­tail (« c’est vé­ri­dique ») ou la pa­pe­rasse ad­mi­nis­tra­tive. Le fruit d’un « tra­vail de l’ombre », dans le sillage de ses an­nées « Grosses Têtes », entre 2002 et 2014, avec Phi­lippe Bou­vard. « Au­tant de billets d’hu­meur qui n’ont pas été pro­cla­més à RTL ».

Mer­ci à Bou­vard et Mail­hot

Bou­vard, d’ailleurs, l’ami, lui pré­face son bou­quin et « rien que pour ça, ça vaut le dé­tour. Sa pré­face est ex­tra­or­di­naire. C’est le ta­lent d’écri­ture, l’in­tel­li­gence, c’est la culture, la drô­le­rie, les pi­rouettes, c’est tout lui ! ». Il lui sau­ra tou­jours gré de lui avoir mis le pied à l’étrier en cette fin d’an­née 1982 lors­qu’il cher­chait la lu­mière des pro­jec­teurs avec son com­parse bar­bu Ré­gis Las­pa­lès, son « al­ter ego » de­puis trente­cinq ans. « Nous lui sommes tou­jours res­tés fi­dèles ».

Mais re­ve­nons à lui, à ses « his­to­riettes col­lec­tées, par­fois po­lé­miques ou liées à la mo­no­ to­nie des jours or­di­naires, comme di­rait l’autre ». Il avoue ne pas s’être as­treint à une « as­cèse lit­té­raire ». « C’est cer­tain, je ca­ri­ca­ture, je force la dose ». Un ami « très culti­vé », dit­il, lui a fait re­mar­quer qu’il au­rait pu se dis­pen­ser de cer­taines vul­ga­ri­tés. Mais on ne se re­fait pas…

Phi­lippe Che­val­lier s’in­ter­rompt pour fer­mer une porte, dans l’es­poir de lais­ser der­rière le raf­fut des per­ceuses. Peine per­due. Il dé­teste Pa­ris. « Ça va quand on est jeune… ». Il est né en 1956 à Re­don, en Bre­tagne, mais la branche pa­ter­nelle prend ses sources à Saint­ma­lo. En­suite, sa fa­mille a dé­mé­na­gé au gré des af­fec­ta­tions de son ma­gis­trat de père : Rennes, Nantes, Nîmes, Mont­pel­lier… C’est là où il fe­ra quatre an­nées de droit. Mais « ça m’en­qui­qui­nait ». Di­rec­tion la ca­pi­tale, le Cours Si­mon, un job dans la pub, un autre dans les as­su­rances… puis la ren­contre avec Las­pa­lès, le suc­cès…

Et voi­là main­te­nant que « Pi­ poune » se met à aboyer. « Pi­poune » qui a même les hon­neurs de la pré­face de Bou­vard. « C’est mon pe­tit chien de­puis deux ans et de­mi ». Un chi­hua­hua d’« un ki­lo et de­mi » sur le­quel il « n’a au­cune au­to­ri­té ». Mais avec qui il a ap­pris à « ap­pré­hen­der l’ani­mal avec plus de bien­veillance ».

Il est long­temps res­té si­len­cieux sur sa vie pri­vée, ava­lée par sa car­rière. Mais, de­puis le 26 juillet der­nier, elle s’étale sur les sites people. Ce jour­là, il a épou­sé en pe­tit co­mi­té Tif­fa­ny, « Fi­fi », sa com­pagne d’ori­gine sé­né­ga­laise. « Ma vie pri­vée n’est plus confi­den­tielle… », mais il s’en ac­com­mode. Où en est­il, au fait, de ses pho­tos de fesses et cuisses de femmes en col­lants ? « J’ai un peu lais­sé tom­ber. J’avais beau­coup don­né. C’était une pas­sion, un fé­ti­chisme ». Une ob­ses­sion pour le « vi­sible et l’in­vi­sible », la « gour­man­dise de­vant l’im­pé­né­trable ». Il a tou­jours son site de pho­to­graphe mais a sou­pé de ce mi­lieu de « ga­le­ristes sno­bi­nards ».

Mer­cre­di, s’ouvre de­vant lui un nou­veau dé­fi, pour le­quel il s’est d’ailleurs ins­pi­ré de ses billets d’hu­meur. Le trac le guette. « On a tra­vaillé comme des bêtes ! ». Dans cette aven­ture en so­li­taire, il re­mer­cie Jacques Mail­hot qui lui a per­mis de ro­der ses sketches au Théâtre des 2 ânes et l’a en­cou­ra­gé. Tan­dis que Las­pa­lès joue A droite, à gauche de Ru­quier – « mais on re­tour­ne­ra en­semble ! » – Phi­lippe Che­val­lier va mon­ter seul sur scène pour un one­man­show bap­ti­sé « Che­val­lier », au Théâtre d’ed­gar. Le tout pre­mier théâtre pa­ri­sien où il a joué avec Las­pa­lès. « Je me re­fais une vir­gi­ni­té et ça m’ex­cite beau­coup ».

« Ma vie pri­vée n’est plus confi­den­tielle »

PHI­LIPPE CHE­VAL­LIER. « Je n’ai ja­mais vé­cu mon duo avec Ré­gis Las­pa­lès comme une pri­son. Comme on dit, on ne change pas une équipe qui gagne… », confie l’hu­mo­riste au cé­lèbre sou­rire élas­tique. PHO­TO AS­TRID DI CROLLALANZA

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