L’éva­dé était à court d’es­sence

Echap­pé de Ne­vers, vo­leur à Ger­zat, re­pris dans l’al­lier

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région faits divers - Leï­la Aber­kane

Sans le sou, il s’est re­trou­vé en panne d’es­sence au centre rou­tier de Tou­lon-sur-al­lier. Il condui­sait, sans per­mis, une voi­ture qu’il avait vo­lée à son beau-frère. Il était recherché pour s’être éva­dé de la pri­son de Ne­vers. Ce jeune homme âgé de 25 ans a éco­pé de qua­torze mois de pri­son.

A25 ans, Ké­vin Gi­rard (*) est loin d’être un no­vice des tri­bu­naux. Vingt et une men­tions noir­cissent son ca­sier ju­di­ciaire. Des vols, des­truc­tion, es­cro­que­rie et beau­coup de conduite sans per­mis et sans as­su­rance. Le pré­ve­nu n’a pas de voi­ture. « Pour­quoi condui­sez­vous ? », in­ter­roge le pré­sident Vi­gnon. Le jeune homme, sans sour­ciller : « C’est plus fa­cile en voi­ture qu’à pied ».

16 € en poche

Une fois de plus, il a pris le vo­lant d’une voi­ture. Un vé­hi­cule qu’il a vo­lé à son beau­frère chez le­quel il avait pas­sé la soi­rée di­manche der­nier à Ger­zat, à cô­té de Cler­montFer­rand.

Ké­vin était alors consi­dé­ré comme éva­dé. Trois jours plus tôt, le 6 avril, il n’avait pas res­pec­té son ré­gime de se­mi­li­ber­té. Au lieu de ren­trer à 18 heures à la mai­son d’ar­rêt de Ne­vers où il est in­car­cé­ré, il avait pris le train sans payer, à 19 heures, jus­qu’à Cler­mont : « Je vou­lais voir mes ne­veux et mes nièces », a­t­il in­di­qué lors de sa com­pa­ru­tion im­mé­diate, pour ex­pli­quer son éva­sion. « Et, à l’école de la deuxième chance, ça ne bou­geait pas as­sez. J’ai be­soin de m’oc­cu­per les mains. Je suis par­ti pour ça aus­si ».

De Ger­zat, il est re­mon­té vers la Nièvre « pour voir des gens » puis il est pas­sé par l’al­lier. Les ki­lo­mètres ont vi­dé le ré­ser­voir et avec 16 € en poche, il s’est re­trou­vé en panne d’es­sence au centre rou­tier de Tou­lon­sur­al­lier. Il a ten­té de cher­cher de l’aide chez une amie via Fa­ce­book. La conver­sa­tion sur le ré­seau so­cial a at­ti­ré l’at­ten­tion du beau­frère, en pé­tard de s’être fait vo­ler sa voi­ture. Il l’a lo­ca­li­sé à Tou­lon où il l’a re­trou­vé pour lui flan­quer une rouste, coups de poing au vi­sage com­pris. La gen­dar­me­rie est in­ter­ve­nue.

« Une part d’er­rance »

« On peut consi­dé­rer que pour le vol, il y a com­pen­sa­tion », a pla­cé son avo­cat Me Goyon, sous­en­ten­dant que le beau­frère s’était fait jus­tice lui­même.

« Quant au dé­faut d’as­su­rance, ce n’est pas l’af­faire du siècle. Ce que vous de­vez ju­ger, c’est l’éva­sion. Est­ce que trois jours d’éva­sion, ça vaut plu­sieurs mois d’em­pri­son­ne­ment ? Il y a une part d’er­rance chez ce gar­çon et des condi­tions de dé­ten­tion – de l’eau stag­nante dans les douches de la pri­son de Ne­vers et des four­mis vi­vantes dans les as­siettes – qui l’ont dé­ci­dé à en­freindre la loi ».

Le pro­cu­reur Pierre Fer­man­tel qui a re­quis quinze mois de pri­son, a ren­voyé la balle dans le camp du pré­ve­nu : « La so­lu­tion, c’est à vous de la re­cher­cher. Il faut que vous fas­siez quelque chose d’utile de ce temps de dé­ten­tion. C’est à vous de vous sor­tir de là ».

Ké­vin Gi­rard a été condam­né à qua­torze mois de pri­son ferme (huit mois pour le vol de la voi­ture et la conduite sans per­mis et six mois pour l’éva­sion). Une peine qui vient s’ajou­ter à l’an­née de pri­son qui lui res­tait à pur­ger.

(*) Nous pu­blions les iden­ti­tés des per­sonnes condam­nées à au moins un an de pri­son ferme.

PANNE SÈCHE. Avec un si pe­tit pac­tole, dif­fi­cile d’al­ler bien loin. PHO­TO D’AR­CHIVES JÉ­RÉ­MIE FULLERINGER

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