Vil­taïs peut croire en son rêve de vic­toire

La Ya­ma­ha 333 en tête en su­per­stock et 6e au scratch à la nuit tom­bante

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports moto - Ra­phaël Ro­chette ra­phael.ro­chette@cen­tre­france.com

Bien par­tie avec Axel Mau­rin à son gui­don, la 333 de Vil­taïs pou­vait croire très fort en ses chances de vic­toire, hier soir au Mans. Le team mou­li­nois me­nait la danse à la nuit tom­bante chez les su­per­stocks.

Hier soir, alors que la nuit tom­bait sur le cir­cuit Bu­gat­ti, la 333 de Ya­ma­ha Vil­taïs Ex­pé­riences rou­lait en tête dans sa ca­té­go­rie, aux 24 Heures du Mans. Pre­mière en stock*. Un lea­der­ship as­sor­ti en plus d’une 6 po­si­tion au scratch, à la ba­garre avec les équipes of­fi­cielles du cham­pion­nat du monde d’en­du­rance (EWC).

Un tra­vail d’or­fèvre. Un clas­se­ment flat­teur que lais­saient es­pé­rer les es­sais de la veille, conclus à la 5e place, dé­jà la pre­mière des stocks. Et le warm up ve­nait confir­mer le ma­tin, avec le plein d’es­sence (7e temps), qu’il al­lait fal­loir comp­ter avec la 333 lors de cette 40e édi­tion des 24 Heures mo­tos.

C’était dé­jà le cas l’an pas­sé, on s’en sou­vient, mais la course pour Vil­taïs s’était ar­rê­tée à la 19e heure sur une casse mo­teur, alors que la Yam’ R1 chaus­sée en Mi­che­lin me­nait la danse en stock.

L’ou­vrage est re­mis sur le mé­tier par l’équipe mou­li­noise, avec la même vo­lon­té clai­re­ment af­fi­chée d’ac­cé­der à la pre­mière marche du po­dium, au­jourd’hui pas­sé 15 heures, terme de cette folle aven­ture. Yan­nick Lu­cot, le team ma­na­ger, l’a ré­af­fir­mé hier, avant de se consa­crer en­tiè­re­ment à sa tâche. « Oui, on est fa­ vo­ri et on l’as­sume. On est se­rein pour at­teindre cet ob­jec­tif. On a tra­vaillé dur pour ça toute la se­maine. Et dé­jà de­puis fé­vrier. L’ob­jec­tif qu’on s’est tous fixé, c’est de ga­gner la Coupe du monde (d’en­du­rance) et ces 24 Heures. »

Le rêve d’une vic­toire dans cette course my­thique, Vil­taïs le tou­chait du bout des doigts hier soir, alors que les phares de la cin­quan­taine de mo­tos en­core en lice trans­per­çaient la nuit noire.

Plus tôt, l’icau­nais Axel Mau­rin avait idéa­le­ment lan­cé la course pour Vil­taïs, en pla­çant d’en­trée la 333 en tête chez les mo­tos de sé­rie et ja­mais plus loin que la 7e place au scratch. Le choix de l’ex­pé­rience (Axel en étant à son 4e dé­part au Mans), fait par Yan­nick Lu­cot, s’avé­rait payant.

« Axel est quel­qu’un de très pro, ré­gu­lier, et ap­pli­qué, di­sait le pa­tron de Vil­taïs. Il colle bien à l’es­prit du team et à la ri­gueur qu’on peut y mettre. Il est poin­tilleux et a l’es­prit d’équipe. Il nous per­met d’être se­reins. »

La Ya­ma­ha 333 mène en stock de­puis le dé­part

« Se mettre à l’abri au fil des runs »

Les consignes du boss ? « Être dans le rythme, sans prendre de risque et ra­me­ner la moto à son co­pain (Bas­tien Ma­ckels, le 2e re­layeur, ndlr). On a fait des qua­lifs avec des pneus de course. On sait qu’on est ca­pable d’avoir un bon rythme qui, au fil des runs, va nous mettre à l’abri. »

Le rythme qu’évoque Yan­nick Lu­cot, c’est pra­ti­que­ment ce­lui du warm up qu’il fau­dra te­nir pen­dant les deux tours d’hor­loge. « L’es­sen­tiel, c’est que les pi­lotes se sentent en confort, sou­li­gnait­il. Il n’y a rien de pire que de faire une course d’en­du­rance avec le cou­teau entre les dents, parce que c’est très long… Là, si on roule en 1’39’’ au tour pen­dant 24 heures, on se­ra de­vant. »

Ne pas confondre vi­tesse et pré­ci­pi­ta­tion pour al­ler au bout du rêve. Et sou­le­ver ce tro­phée tant convoi­té pour la pre­mière fois. L’équipe Vil­taïs avait des étoiles plein les yeux, dans la nuit man­celle, mais res­tait ab­so­lu­ment concen­trée sur son ob­jec­tif.

La vic­toire est à ce prix. Une faute, d’un pi­lote ou des mé­ca­nos et le rêve pour­rait se bri­ser net…

(*) Moto de sé­rie, au­cune pièce mo­teur ne peut être chan­gée.

PLEIN GAZ. La 333 se cabre à l’ac­cé­lé­ra­tion et fait la course de­vant en stock. PHO­TOS J.-M. TEISSONNIER

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.