Les dé­fi­lés se pour­suivent les vio­lences aus­si

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & monde -

Vê­tus de blanc, les op­po­sants au pré­sident so­cia­liste vé­né­zué­lien Ni­co­las Ma­du­ro se sont ras­sem­blés, hier, « en si­lence » à tra­vers le pays. Cette ma­ni­fes­ta­tion d’une co­lère po­pu­laire est gran­dis­sante, avec des vio­lences qui ont dé­jà fait 20 morts en trois se­maines.

L’op­po­si­tion, ma­jo­ri­taire au Par­le­ment de­puis fin 2015, a pro­mis de ne pas ces­ser les ma­ni­fes­ta­tions jus­qu’à ob­te­nir son ob­jec­tif prin­ci­pal : des élec­tions an­ti­ci­pées.

Dans la nuit de ven­dre­di à hier, des troubles ont en­core écla­té dans plu­sieurs quar­tiers de Ca­ra­cas, les forces de sé­cu­ri­té uti­li­sant des gre­nades de gaz la­cry­mo­gène pour dis­per­ser les ma­ni­fes­tants. Lors de la nuit pré­cé­dente, douze per­sonnes étaient mortes à Ca­ra­cas.

« Bêtes as­soif­fées de sang »

Gou­ver­ne­ment et op­po­si­tion s’ac­cusent mu­tuel­le­ment de cette spi­rale de vio­lence qui a fait 20 morts et des cen­taines de bles­sés de­puis le 1er avril.

Jorge Ro­dri­guez, le maire d’un dis­trict de Ca­ra­cas, a no­tam­ment qua­li­fié les di­ ri­geants de l’op­po­si­tion de « bêtes as­soif­fées de sang », en as­su­rant qu’ils « vou­laient brû­ler vifs » des en­fants.

Les an­ti­cha­vistes (du nom du dé­funt pré­sident Hu­go Cha­vez, 1999­2013) sont en­ga­gés dans un bras de fer avec le gou­ver­ne­ment et mul­ti­plient les mo­bi­li­sa­tions en mi­sant sur l’épui­se­ment du camp ad­verse. Un « blo­cage na­tio­nal » des routes est no­tam­ment pré­vu de­main.

Alors que son man­dat court jus­qu’à fin 2018, sept Vé­né­zué­liens sur dix sou­haitent le dé­part im­mé­diat de Ma­du­ro, se­lon un son­dage Ve­ne­ba­ro­me­tro.

CA­RA­CAS. « Ce­ci est la dic­ta­ture dont rê­vaient Cha­vez et Fi­del. » PHO­TO AFP

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