L’école nor­male entre les deux guerres

Suite de l’histoire de l’éta­blis­se­ment dé­dié à la for­ma­tion des ins­ti­tu­trices à Cler­mont­fer­rand

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Clermont vivre sa ville - Pierre Ga­briel Gon­za­lez pgg@orange.fr A lire. Ren­dez-vous di­manche pro­chain pour la suite de l’histoire de l’école nor­male d’ins­ti­tu­trices du Puy-de-dôme.

La si­tua­tion ma­té­rielle est bien pré­caire, en août 1917, quand les ser­vices de santé des Ar­mées quittent les lo­caux de l’école nor­male d’ins­ti­tu­trices du Puy-dedôme.

Bâ­ti­ments et mo­bi­lier, en­tre­te­nus jus­qu’au dé­but de la Guerre avec tant de soins, pré­sentent un état de dé­la­bre­ment et d’aban­don. Si des ré­pa­ra­tions im­por­tantes sont im­mé­dia­te­ment ef­fec­tuées à l’école nor­male d’ins­ti­tu­trices du Puy­de­dôme, il en reste en­core beau­coup à en­tre­prendre et la plu­part des ser­vices de­mandent à être mo­der­ni­sés. C’est dans une mai­son pri­vée de confort que les pre­mières pro­mo­tions d’après­guerre, dé­jà af­fai­blies par des pri­va­tions sans nombre, pour­suivent leurs an­nées d’études. Pour la di­rec­trice de l’époque, la tâche est lourde mais pas­sion­nante.

Des échap­pées sur le monde

C’est aussi elle qui veille à l’ap­pli­ca­tion des ré­formes dont le mi­nistre, Paul La­pie, est l’ini­tia­teur. Le mi­nistre écrit : « Nos écoles nor­males ne sont pas des cou­vents laïques où ne pé­né­tre­rait au­cun bruit du de­hors. Elles ouvrent aux fu­turs ins­ti­tu­teurs des échap­pées sur le monde… » Après le tra­vail de ré­flexion de mul­tiples com­mis­sions au ni­veau du mi­nis­tère de l’ins­truc­tion pu­blique, les écoles nor­males, un mo­ment en dan­ger, sont main­te­nues dans le cadre dé­par­te­men­tal. Leur re­cru­te­ment se pour­suit par concours entre les jeunes gens qui ont ac­com­pli l’un des cycles com­plet du pre­mier de­gré.

En 1924, un ar­rê­té mi­nis­té­riel, ac­cueilli non sans re­gret, sup­prime la 4e an­née Lettres, qui, de­puis vingt ans, fait par­tie de l’école. Et, à sa place, ins­ti­tue une sec­tion scien­ti­fique de pré­pa­ra­tion à l’école nor­male su­pé­rieure de Fon­te­nay­aux­roses.

L’ef­fec­tif des pro­mo­tions qui jus­qu’alors n’a guère dé­pas­sé la tren­taine, aug­mente avec les be­soins – la guerre a creu­sé tant de vides dans le corps en­sei­gnant pri­maire – il at­teint, cer­taines an­nées (1924­1927), le chiffre de 48. L’ecole s’ouvre aussi à des ins­ti­tu­trices in­té­ri­maires qui viennent y com­plé­ter leur culture gé­né­rale et s’y for­mer en­sei­gner à plein­temps. De­vant cet af­flux, l’ad­mi­nis­tra­tion est même obli­gée de dé­dou­bler la classe de 3e an­née.

En même temps, l’école pri­maire an­nexe dite « pra­tique » at­teint son plein dé­ve­lop­pe­ment, elle est com­plé­tée en 1928 par une école ma­ter­nelle et pour sa­tis­faire aux né­ces­si­tés de l’édu­ca­tion pro­fes­sion­nelle, on ouvre quatre classes d’ap­pli­ca­tion à l’école de filles de Font­giève. Ces écoles et classes pra­tiques per­mettent aux élè­ves­maî­tresses, fu­tures ins­ti­tu­trices, d’ap­pli­quer con­crè­te­ment leurs connais­sances en pé­da­go­gie et d’avoir une re­la­tion réelle avec les enfants. Comme il semble loin le temps où le pro­blème du re­cru­te­ment des enfants se po­sait en rai­son de l’éloi­gne­ment de l’école du centre­ville ! Les quar­tiers de Font­giève et des Gra­vouses se dé­ve­loppent ré­gu­liè­re­ment tout au long du dé­but du XXE siècle. De tous cô­tés, des en­vi­rons im­mé­diats de l’école jus­qu’au che­min de Dur­tol et à l’ave­nue de Bor­deaux, s’élèvent des construc­tions nou­velles. Cler­mont est en plein es­sor et l’ur­ba­ni­sa­tion gagne pro­gres­si­ve­ment sur les ver­gers et les jar­dins.

TOU­CHANT. L’école ma­ter­nelle d’ap­pli­ca­tion en 1937/1938, qui pour­rait se re­con­naître ? © DR

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.