« La science fi­ni­ra par re­con­naître l’âme »

Phy­sique quan­tique et conscience, un dé­bat à deux voix

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Clermont vivre sa ville - Lau­rence Cou­pé­rier

« La science conduit à se po­ser des ques­tions de na­ture spi­ri­tuelle », ex­plique le jour­na­liste scien­ti­fique Jo­ce­lin Mo­ris­son, qui a dé­ve­lop­pé le con­cept de « spi­ri­tua­li­té laïque » au cours d’une con­fé­rence or­ga­ni­sée par l’as­so­cia­tion Les Cygnes, à Saint-beauzire.

Le phy­si­cien Phi­lippe Guille­mant, spé­cia­liste de l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle et de la théo­rie du chaos, était éga­le­ment in­vi­té de cette jour­née sur le thème « phy­sique quan­tique et conscience ».

L’in­gé­nieur de re­cherche hors classe au CNRS a mon­tré comment « au dé­but du XXE siècle, la phy­sique quan­tique a ré­vo­lu­tion­né la phy­sique » et a évo­qué la re­cherche fon­da­men­tale qu’il mène en phy­sique de l’in­for­ma­tion.

Bous­cu­lant Des­cartes et ses hé­ri­tiers – « gar­diens du temple de la science » – Phi­lippe Guille­mant est l’au­teur de plu­sieurs ou­vrages ex­po­sant sa théo­rie de la double cau­sa­li­té, à l’ori­gine des syn­chro­ni­ci­tés, « ces coïn­ci­dences mys­té­rieuses que nous at­tri­buons sou­vent au ha­sard, à dé­faut d’en connaître le sens » (*).

Une théo­rie de l’es­pa­ce­temps flexible, qui ex­plique le phé­no­mène des syn­chro­ni­ci­tés par une in­fluence du fu­tur sur le pré­sent. « Notre pré­sent est à la fois sous l’in­fluence de notre pas­sé et de notre fu­tur », a ex­pli­qué le confé­ren­cier au pu­blic, l’in­vi­tant à en­tendre qu’« un fu­tur dé­jà réa­li­sé peut être chan­gé, que le pré­sent crée le pas­sé ».

Convain­cu que « la science fi­ni­ra par re­con­naître l’exis­tence de l’âme, vé­hi­cule im­ma­té­riel de la conscience », Phi­lippe Guille­mant constate que, « de­puis 35 ans, la phy­sique a fait d’énormes pro­grès, mais ceux­ci ne sont pas ac­cep­tés, car au dé­but du XXE siècle, on a cru que la science était ter­mi­née ; l’homme mo­derne a un pro­blème avec sa conscience, il ne veut pas en­tendre par­ler du pou­voir de sa conscience ».

S’il dé­plore le ma­té­ria­lisme qui li­mite la science oc­ci­den­tale, Phi­lippe Guille­mant voit avec sa­tis­fac­tion « émer­ger, peu à peu, en phy­sique, la dé­cou­verte de l’exis­tence du vide… qui n’est pas vide du tout, qui est plein d’in­for­ma­tions. Les in­for­ma­tions qui nous manquent sont peut­être dans le vide… qui ne l’est pas ». ■

(*) Au­teur de La route du temps (il y a dix ans), La phy­sique de la

conscience (2015).

SCIEN­TI­FIQUES. Jo­ce­lin Mo­ris­son et Phi­lippe Guille­mant en con­fé­rence à deux voix.

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