LA SE­MAINE DE JACQUES MAIL­HOT

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Septième jour -

Le grand sou­ci de cette élec­tion présidentielle est que le gé­né­ral de Gaulle ne nous a toujours pas dit pour qui il fal­lait vo­ter au se­cond tour.

Or, le gé­né­ral, vous en convien­drez, est plus que ja­mais la ré­fé­rence de chaque can­di­dat. On les com­prend. On n’ima­gine pas le gé­né­ral de Gaulle dan­ser le « Jerk » avec ses soeurs après les ré­sul­tats du pre­mier tour ou piaf­fer dans une bras­se­rie pa­ri­sienne avec une an­cienne chan­teuse de va­rié­tés et deux ou trois de­mi­mon­dains.

Qu’im­porte. Au­jourd’hui « Tout le monde il est pour Co­lom­bey, tout le monde il est gaul­liste ». Même les hé­ri­tiers de la joyeuse bande du Pe­tit Cla­mart lui trouvent beau­coup de charme. Ce­lui qui a po­sé la pre­mière pierre de l’union eu­ro­péenne avec Ade­nauer se voit ac­cla­mé par ceux qui veulent en sor­tir. C’est dire la sou­plesse des convic­tions. Ce ne sont plus des ca­na­pés, ce sont des conver­tibles.

Ce si­lence est dé­ran­geant. Au­tant le 18 juin 1940, il nous avait in­di­qué le che­min. Au­tant là… Si­lence ra­dio ! Même J.J. Bour­din, le confes­seur des éo­liennes n’a pas réus­si à le son­der. Pour­tant le gar­çon ne manque pas d’élé­gance. On l’entend dé­jà « Alors Charles… Dites­moi… Macron ou le Pen… ? ».

La seule chose dont nous sommes cer­tains est que le grand homme ver­rait sans doute as­sez mal que tant de nains de jar­din aient osé en­va­hir le par­terre de sa der­nière de­meure. Mais c’est une autre histoire.

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