L’es­cro­que­rie ban­caire mise au jour

La bande a agi dans plu­sieurs dé­par­te­ments d’au­vergne se­lon une mé­thode bien rô­dée

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région Faits Divers - Lio­nel Cio­chet­to lio­nel.cio­chet­to@cen­tre­france.com

Neuf pré­ve­nus étaient ju­gés dans le cadre d’une af­faire d’es­cro­que­rie au pré­ju­dice de plu­sieurs banques. La tête du ré­seau a été condam­née à trente mois de pri­son ferme.

Une vaste af­faire d’es­cro­que­rie ban­caire. Mar­di après­mi­di, neuf pré­ve­nus ont com­pa­ru de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel du Puy­en­ve­lay pour di­verses in­frac­tions : es­cro­que­ries ou ten­ta­tive, blan­chi­ment d’ar­gent, re­cel de biens, ten­ta­tive de re­cel...

Huit d’entre eux, âgés de 29 à 47 ans, étaient ori­gi­naires des Co­mores : six femmes et trois hommes (dont un ab­sent à l’au­dience), la plu­part ayant des liens fa­mi­liaux. Tout com­mence par l’ou­ver­ture d’un compte dans une banque avec de faux pa­piers et sous de fausses iden­ti­tés. Des chèques d’un mon­tant consé­quent sont dé­po­sés, cer­tains at­tei­gnant 50.000 eu­ros. Des vi­re­ments sur d’autres comp­ tes ou des re­traits en es­pèces sont ef­fec­tués dans la fou­lée. Mais très vite, il s’avère que les chèques ne sont pas pro­vi­sion­nés.

Plu­sieurs des pré­ve­nus ont as­su­ré n’être « au cou­rant de rien » et af­fir­mé être « de simples exé­cu­ tants d’opé­ra­tions ban­caires » pour les­quelles ils per­ce­vaient des com­mis­sions pou­vant al­ler jus­qu’à 30 ou 40 %. Un couple four­nis­sait les faux pa­piers, les faux jus­ti­fi­ca­tifs et peut­être les chèques non ap­pro­vi­sion­nés. Plu­ sieurs de ces es­cro­que­ries ont été com­mises en Haute­loire, dans des agences ban­caires de Brioude, Sainte­flo­rine et Lempdes­sur­al­la­gnon entre août et sep­tembre 2014. C’est d’ailleurs en Hau­teLoire que l’équipe s’est fait « pin­cer » grâce à la mé­fiance des em­ployés du Cré­dit Agri­cole de Lempdes­sur­al­la­gnon. Des in­frac­tions du même type ont été re­le­vées dans toute la France (Bre­tagne, Mar­seille) mais aus­si à Mou­lins, Au­rillac ou SaintÉ­tienne.

Les hommes sont ap­pa­rus comme les cer­veaux de cette opé­ra­tion. Gou­lam Ba­do­ro, l’un des trois pré­ve­nus, âgé de 47 ans, pla­cé sous contrôle ju­di­ciaire, a dé­jà pur­gé huit mois en dé­ten­tion. « J’ai tout re­con­nu après la pri­son. J’avais mis ma vie en dan­ger. Mes en­fants m’at­tendent », a­t­il dé­cla­ré à la barre. Mous­sa Ali, âgé de 41 ans, son « se­cond », avait cinq iden­ti­tés dif­fé­rentes.

Plu­sieurs banques ont été vic­times de leurs agis­se­ments, mais une seule s’est por­tée par­tie ci­vile, le Cré­dit Agri­cole Loire­haute­loire.

Six femmes, pour­sui­vies pour re­cel et blan­chi­ment, ont été en­ten­dues. Mais comme pour leurs com­plices mas­cu­lins, les ex­pli­ca­tions, avec des ver­sions à géo­mé­trie va­riables, n’ont guère éclai­ré les dé­bats.

C’est « un dos­sier vo­lu­mi­neux », a dé­crit Alexandre Cons­tant dans ses ré­qui­si­tions. Le sub­sti­tut du pro­cu­reur a néan­moins dif­fé­ren­cié « les taxis » – ceux qui ont vu l’ar­gent tran­si­ter sur leurs comptes – et « les au­teurs » des in­frac­tions pour les­quels il a de­man­dé « des peines plus si­gni­fi­ca­tives ».

Des ré­qui­si­tions sui­vies par le tri­bu­nal qui a pro­non­cé des peines de pri­son ou d’amendes avec sur­sis pour l’es­sen­tiel des pré­ve­nus.

Mous­sa Ali a en re­vanche été condam­né à quinze mois de pri­son ferme, tan­dis que Gou­lam Ba­do­ro, « ce­lui qui est à la tête » du ré­seau, a éco­pé de trente mois ferme. Des peines, là aus­si, conformes aux ré­qui­si­tions.

Des sommes de 50.000 eu­ros ver­sées puis aus­si­tôt re­ti­rées

PHO­TO D’ILLUSTRATION

BANQUE. De grosses sommes étaient ver­sées sur les comptes avec des chèques en bois puis re­ti­rées ou vi­rés sur d’autres comptes.

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