Les voies du bon­heur

La femme du chef de train, de l’aus­tra­lienne Ash­ley Hay (Mer­cure de France) in­ter­roge sur les voies du bon­heur… im­pé­né­trables, for­cé­ment.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Blan­dine Hu­tin-mer­cier blan­dine.hu­tin@cen­tre­france.com

Âmes sen­sibles, ne pas s’abs­te­nir ! Le se­cond ro­man de l’aus­tra­lienne Ash­ley Hay, le pre­mier tra­duit en France, est un pur plai­sir de lec­ture, une dou­ceur de beaux sen­ti­ments et d’émo­tions à sa­vou­rer sans pré­ci­pi­ta­tion, comme on laisse un ca­ra­mel fondre len­te­ment sur sa langue…

Truf­fé de ces pe­tites joies simples qui rem­plissent l’en­fance de sou­ve­nirs et rendent les amours in­ou­bliables, La femme du chef de train n’est pour­tant pas une bluette à la gui­mauve. L’âpre­té de son his­toire, la dé­tresse de ses per­son­nages, la dou­leur du contexte his­to­rique (les len­de­mains de la Se­conde Guerre mon­diale) font de ce ro­man, d’un ly­risme doux à lire, im­pré­gné des mer­veilles de la na­ture et des ri­chesses de la lec­ture, un exemple de ten­dresse et de vé­ri­té.

Entre Ani et Ma­cken­sie, la vie est simple, l’amour plus fort que les dif­fé­rences, la jouis­sance of­ferte ; leur fille Isa­belle est un ci­ment puis­sant. Leur quo­ti­ di­en a le goût de la poé­sie, frais et lé­ger, des sai­sons qui passent, de la pas­sion qui per­dure. Jus­qu’à ce jour fu­neste où, écra­sé par sa lo­co­mo­tive, Mac meurt… Pour sa femme, une terre vierge reste à conqué­rir ; celle de la so­li­tude et du manque, de la res­pon­sa­bi­li­té et des plai­sirs per­dus.

Dé­sert des coeurs

Qui pour l’ac­com­pa­gner dans cette tra­ver­sée du dé­sert des coeurs ? L’un des deux hommes, re­ve­nus cas­sés de la guerre ? L’un que son ai­greur pro­tège, l’autre que sa sen­si­bi­li­té fra­gi­lise…

Mais sont­ils as­sez forts pour sur­vivre à leur guerre in­time ? Sont­ils as­sez fous pour se glis­ser dans les illu­sions d’une veuve amou­reuse d’un mort ? Les liens qui les unissent, les rêves qu’ils ont for­més, jeunes et libres, la com­mu­nau­té qui les en­toure, tout ce monde se­ra­t­il pri­son ou li­bé­ra­tion ? Quelle voie pren­dra la ré­demp­tion de la femme du chef de train ? La femme du chef de train. De Ash­ley Hay (Mer­cure de France, bi­blio­thèque étran­gère) ; tra­duit de l’an­glais (Aus­tra­lie) par Jo­sette Chi­che­por­tiche. 315 pages, 23,50 €.

TRAIN. Quelle voie pour être heu­reux ? ILLUSTRATION

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